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Disponible depuis le 10 septembre, on revient aujourd’hui sur le très bon deuxième album de Willis Earl Beal : Nobody Knows. On tient donc un digne successeur d’Acousmatic Sorcery (sorti en 2012), que l’on avait beaucoup aimé au Digitalophone: album magique, révélation d’une voix qui n’allait plus quitter nos platines ou si peu. Avec Acousmatic Sorcery on était à la croisée du blues et de la folk, la soul pointant aussi souvent le bout de son nez, et l’on y découvrait alors avec plaisir l’univers surréaliste de Beal, à la fois sauvage et terriblement familier.

MI0003619171Tel un troubadour moderne, le chanteur saute de genre en genre, bien que Nobody Knows soit un peu plus marqué peut être par la soul, Beal nous régale en passant du gospel au blues le plus “sale” sans oublier quelques expérimentations sonores du plus bel effet. Et pour ceux qui ont connu l’artiste avec ses enregistrements maisons, je pense qu’ils apprécieront le passage aux séances studio : c’est propre, c’est clair et on peut complètement se laisser emporter par la voix de Beal. L’exemple le plus parlant est peut être le titre Coming Through, en duo avec Chan Marshall alias Cat Power, où la production aux petits oignons sert un groove lancinant sur lequel Willis joue au “preacher”. Certains morceaux présentent même une orchestration assez importante, comme sur le très beau Burning Bridges, ou la balade Blue Escape où le chanteur montre une facette moins connu de sa personnalité, pleine d’émotion et à la sensibilité exacerbée. Mais que les fans se rassurent, le son des débuts de Beal n’est jamais loin: j’en veux pour preuve Disintegrating avec se texture sonore bien particulière. Mention spécial au titre Too Dry To Cry, incroyablement efficace, dans lequel on sent toute la personnalité musicale de Beal.

Le chanteur continue donc de tracer sa route, au milieu de champs où souffle encore le blues et d’églises dans lesquelles résonne le gospel. Sa voix est atypique et son style se précise, en parti grâce à une production de qualité mais qui ne gâche en rien la sincérité du chanteur. Un disque riche vous l’aurez compris, que l’on ne se lassera pas d’explorer en compagnie de cet artiste protéiforme qu’est Willis Earl Beal.