LDLsymptome

Il y a des albums qui, dès le diamant posé sur le vinyle ou le bouton play de la platine enfoncé, vous transportent dans une toute autre dimension. Du genre Crystal Silence de Return to Forever, Histoire de Melody Nelson de Gainsbourg ou Wish You Where Here des Floyd… Le symptôme est de ceux là.

Nous avons découvert le Trio Lavollée / Dubreuil / Larmignat (site officiel) à Orléans Jazz 2013 il y a quelques jours. Pour ne rien cacher, Marcus Miller assurait la deuxième partie, raison de notre présence. Néanmoins, la découverte à été tellement belle que, lorsqu’un exemplaire de leur album s’est présenté à moi au détour d’un rayon chez le disquaire, je n’ai pas hésité une seconde.

Le symptôme est le genre d’album qui installe une atmosphère presque envoutante, lancinante parfois. Si vous aimez découvrir les suggestions du Digitalophone en faisant la cuisine ou le repassage, vous n’apprécierez pas cet album à sa juste valeur. Prenez plutôt le temps de vous assoir dans votre fauteuil club favori, un verre à la main, fenêtres ouvertes à la tombée d’une nuit d’été. Là, le contexte y est.

La musique du trio établi une connexion directe entre ce jazz dit “rock” et le rock progressif tous deux émergeant dans les années 70. La construction des pièces exclusivement instrumentale se fait graduellement et l’introduction de chaque élément complète le précédent pour aboutir à un tout complexe et cohérent, formant un univers sonore unique.

Des textures si complexes avec seulement trois musiciens ? Oui mais bien équipés. Benoît Lavollée, au vibraphone, le joue aussi à l’archet. Une façon d’en sortir des notes aux harmoniques inhabituelles, qu’il complète de sons électroniques gérés par informatique. Baptiste Dubreuil joue le Rhodes et le Moog entre autres claviers, dont les marques harmoniques servent parfaitement les images sonores développées. Nicolas Larmignat aux percussions s’intègre à cela par la particularité de son jeu, précis et très efficace, qui met en valeur la ligne musicale.

L’album est paru en 2011 sur le label Ô Jazz, qui promeut le jazz à Orléans et dans sa région, que nous découvrons par la même occasion et que nous ne manquerons pas de surveiller désormais.

Filez chez le disquaire. La pièce d’ouverture de l’album, Vivant, présentée ci-dessous, donne exactement le ton de l’album.