Parce que ces artistes sont en train de marquer (ou l’ont déjà fait) tout un monde musical, le Digitalophone vous offre une sélection des meilleurs sons electro diffusés ces 365 derniers jours. C’est un top 5 electro que l’on vous propose mais surtout un grand saut dans le temps : bond dans l’avant-gardisme, ou double sursaut vintage arrière ; faites votre choix !
 

Arca // MUTANT 

Arca, producteur Vénézuélien seulement 25 ans, deuxième album, déjà comparé à Aphex Twin…  Les collaborations en disent long (producteurs pour Björk, Kanye West, …) et le label Mute aussi, engagé historiquement pour des artistes tels que Plastikman, Depeche Mode… On lui reprochera peut être la forme trop succincte de ses nombreuses pièces, on vous rassure cela n’enlève rien à la substance de chacune d’elles, toujours de qualité. Le décor est planté et l’on s’impatiente fortement de voir une date française tomber.

Disasterpeace // IT FOLLOWS OST

Lorsque l’on pense à ce genre codifié qu’est l’horreur, fait de strates de références aux films précédents, on frissonne déjà avec tous les risques de redondances que cela comporte. Mais au final, on est bien heureux de voir que la sauce peut prendre encore en 2015.
Pour ceux qui ont adorés le film, la musique a sans doute fortement aidé. Car cette bande originale réalisée par Rich Vreeland aka Disasterpeace, qui habille par ailleurs nombreux jeux vidéos, est très réussie. Déjà pour sa capacité a rythmer le film, la fonction première. Souvent paisible, tantôt lancinante et brillante, elle si bien efficace que l’on pourra aisément revoir certaines scènes du films sans avoir besoin des images. Réussie également pour sa qualité d’hommage à Carpenter, avec toutes les sonorités analogiques que cela engendre et qui sont loin de tomber dans la désuétude.

Tyondai Braxton // HIVE1

Pas uniquement le fils d’Anthony, ni seulement le co-créateur du groupe Battles, Tyondai Braxton devient depuis ces dernières années une figure emblématique de la scène electro. L’album tire un peu vers l’expérimental, mais le garçon ne perd jamais son auditoire avec une pulsation omniprésente et soutenue ! Son travail des matériaux sonores est très aboutie, cela couplé notamment à l’emploi de l’auralisation (à écouter au casque donc !). A recommander aux gens qui ont soif de nouvelles choses.

Oneohtrix Point Never // GARDEN OF DELETE

Après l’excellent Replica de 2011 chez Mexican Summer, et le déjà plus mégalomane R plus Seven (les sons d’orgue, ça ne pardonne pas…) sorti en 2013 chez WARP, Daniel Lopatin nous habitue a son travail de réminiscences synthétique, via la forme du genre “drone”, mais dont le qualificatif est évidemment réducteur. Après ces deux albums qui ont creusé son succès sur le filon de l’assemblage de sons vintage (70-80), c’est en qualité d’observateur des années 2000 que se pose désormais OPN. En effet, c’est au travers des 12 pistes de son nouvel album Garden of Delete que l’artiste dissèque, analyse, pourfend, accepte et finalement sublime l’electro commerciale des ondes FM. Pour ceux qui sont fan d’Oneohtrix, ceci est un bon cru. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une merveilleuse porte d’entrée pour saisir au vol un des artistes electro essentiel d’aujourd’hui.

Aphex Twin : COMPUTER-CONTROLLED ACOUSTIC INSTRUMENT PT.2

La vie musicale de Richard D. James étant fortement agitée ces derniers mois, un petit retour sur toutes ces sorties débridées s’impose. Après l’accueil mitigé de Syro en 2014, RDJ a fini par nous lâcher pléthore de titre de ses archives sur son identifiant soundclound et sortir un EP dans la foulée. Malheureusement, de ce qui était l’user48736353001 et de ses quelques 300 compositions, il ne reste en cette fin d’année que le néant. Pas de panique, la toile a fait son oeuvre, et nous ne saurions que trop vous conseiller cette très belle sélection de Whirlytunes pour combler votre pressante envie d’electro ambient.
Ces sorties impromptues ont également eu la mauvaise idée d’éclipser son nouvel EP sous le nom d’Aphex Twin, Computer-Controlled Acoustic Instruments Pt. 2, répondant au dur cahier des charges de succeder à l’album Drucks (paru il y a 10 ans déja). On vous rassure c’est chose faite, surtout pour ceux que l’Aphex Twin acoustique (influencé par Satie et autres piano préparés) met aux anges. Utilisant comme seuls compagnons le contrôle MIDI, un piano acoustique, une caisse claire, le génial RDJ nous livre un album remarquable d’inventivité. En somme une énième pierre rajoutée à l’édifice éclectique nommé musique électronique.. dont ce monsieur est une des clés de voûte.
PS : Tel un cadeau de fin d’année, ce remix sortie cet automne devrait combler votre déficit en basse fréquence ! Bonnes fêtes à tous, à la rentrée.