Terakaft, Mulatu Astatke, Roy Ayers @ Chorus Festival 11/04/13

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Commençons par le commencement. Ce concert faisait partie de Chorus, un festival à la programmation très éclectique : rock, chanson française, musiques électroniques ou du monde, organisé par le département des Hauts-de-Seine. Depuis 25 ans il occupe différents lieux de représentation dans le département avec comme espace principal le Magic Mirror, un chapiteau de 1500 places situé… sur le parvis de la Grande Arche à la Défense. Une belle vitrine.

Déjà, ce qui est magic, c’est le prix ! Les dernières apparitions de Mulatu et Roy à Paris étaient respectivement à Pleyel et au New Morning aux tarifs que pratiquent ces salles. Ici, pour 16€ en plein tarif, on profite de 3h30 de musique et de deux légendes dans un cadre atypique, deuxième chose magic.

Nous voilà au Magic Mirror, dans un cadre art-déco tout en boiseries, velours rouge et miroirs. Plus rien ne laisse soupçonner les tonnes de béton et les voies ferrées qui nous entourent ni même l’incroyable perspective sur l’Arc de Triomphe qui s’offrait à nous quelques secondes auparavant. Voilà déjà de quoi susciter l’étonnement.

Sentiment renforcé lorsque les lumières s’éteignent et qu’arrivent sur scène les musiciens de Terakaft (myspace), un groupe de blues touareg, en vêtement traditionnel, chèche inclus ! Gibson SG pour l’un des guitaristes, Gretsch pour l’autre. Des instruments qu’on associe plus facilement aux frères Young d’AC/DC ! Tout le long d’un set de trois quarts d’heures construit sur leur répertoire, leurs rythmes et harmonies nous emmènent jusqu’au Mali dont ils sont originaires. La musique est plutôt construite autour de la parole que du discours instrumental mais les guitaristes prennent l’un et l’autre quelques chorus. La section rythmique groove, la salle se chauffe, ça fonctionne ! Une très bonne première partie à laquelle le public est très réceptif, nous compris. Une belle découverte.

Changement de plateau pour Mulatu Astatke qui se présente sur scène avec sa formation actuelle The Heliocentrics. Et avec la même chemise que lors de son concert à la Salle Pleyel ! Son set ne sera pas plus long que pour ce précédent concert, une heure environ avec seulement quatre morceaux présentés dont l’inévitable et magnifique Yèkèrmo Sèw présent dans la bande originale de Broken Flowers qui l’a rendu connu d’un plus grand public. Si il est clair que son répertoire ne s’étoffe pas, la conséquence directe et positive de cela est qu’il est parfaitement maîtrisé par chacun des huit musiciens : l’ensemble fonctionne bien, chacun prenant des chorus très bien construits, le tout dans une énergie indéniable. Une formation bien réglée orchestrée conjointement par Mulatu Astatke et James Arben, dont les musiciens sont aussi talentueux individuellement qu’efficaces pour la collectivité. Néanmoins, pas de nouveauté en regard du concert de novembre à la Salle Pleyel et l’impression, outre le cadre, d’avoir assisté au même concert. Cela dit, c’est toujours un plaisir de replonger dans le jazz d’Addis-Abeba !

Pour finir, celui qui semble responsable de la majorité des ventes de billets, Roy Ayers. Dès le permier morceau, on peut imaginer l’unique consigne du maître avant de rentrer sur scène : envoyer tout, et tout de suite ! Résultat, des musiciens qui arrivent sur scène avec un sourire jusqu’aux oreilles et débordant d’énergie. Ils attaquent avec quelque chose d’ultra groovy et dès le premier chorus du saxophoniste (qui était jusqu’alors aux claviers…), on se régale. Ça joue fort, ça joue vite et avec beaucoup d’humour ! Le musicien en arrive à se mettre à genoux, puis s’allonge carrément par terre sous les regards des autres qui le pointent presque du doigt en jetant un oeil au public l’air de dire « ce type est vraiment sérieux !? ». C’est sans pression pour ces habitués de la scène qui jouent totalement décomplexés. Roy Ayers est un vrai showman pour qui stimuler un public n’a plus de secrets. En quelques traits d’humour au micro et appels au public pour chanter avec lui, ce très large sourire sur le visage et l’envie de partager son plaisir d’être sur scène conquièrent la salle. Les standards de sont répertoire y passent, les morceaux durent. Ces musiciens sont bel et bien là pour s’amuser et rien d’autre. Si bien qu’à 0h20, on y est encore ! Malheureusement la perspective d’un trajet en métro avec correspondances nous fait quitter les lieux avant la fin… mais totalement séduits par la programmation de cette scène !

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