Takuya-KurodaRisingSon

Takuya Kuroda est un nom qui doit parler aux fans du label Blue Note ou de José James. La raison en est toute simple : le trompettiste a commencé à se faire un nom aux côtés du chanteur de la note bleue. Voici donc que sort sous son nom Rising Sun. Et autant le dire tout de suite, nos oreilles en vibrent encore de plaisir!

Arrivé à New York il y a à peine plus de dix ans, Takuya Kuroda est originaire de Kobe au Japon. Avec sa trompette et son univers musical très soul et orienté hip hop, le japonais s’est très vite retrouvé sous les feux de la rampe grâce au succès du chanteur José James. Les deux compères se sont rencontrés lors de leurs études communes à la New School for Jazz and Contemporary Music de Manhattan. Rising Sun est en fait son quatrième album, les trois premiers, davantage orientés post-bop, étant sorti sur de petits labels indépendants; on a donc ici sa première grosse sortie sur une major. Ces premiers pas sur le devant de la scène devrait l’inscrire de façon durable dans le paysage du jazz américain. Car Rising Sun, tout en se révélant accessible, montre déjà toute l’étendue de la palette du trompettiste et de ses influences. Avec un univers et un son déjà très personnel, Takuya Kuroda impressionne.

“His tone, warmth, and most of all, his storytelling have inspired me for years. His writing is soulful, modern, and effortlessly bridges the gap between jazz and soul, and between history and tomorrow.” Jose James.

Le musicien s’est d’ailleurs très bien entouré : Kris Bowers au piano, Solomon Dorsey à la basse, Nate Smith aux drums et Corey King au trombone : la jeune garde du jazz made in US. On peut même ajouter à cela l’apparition de la voix de Jose James sur la très belle reprise de Roy Ayers Everybody Loves The Sunshine, ainsi que de la guitare de Lionel Loueke sur Afro Blues. Ce dernier morceau aux rythmes empruntés à l’afrobeat, sorti un peu avant l’album nous avait d’ailleurs mis la puce à l’oreille : l’album de Takuya Kuroda s’annonçait énorme! Et nous n’avons pas été déçus : entre le morceau Piri Piri très hip hop, l’autre reprise de Roy Ayers très soul Green and Gold et le très groovy Rising Sun qui donne son nom à l’album, le spectre musical du trompettiste est large. D’ailleurs, les 8 tracks dans leur ensemble sont des pépites. Takuya Kuroda semble avoir appliqué à la lettre le conseil de son ancien boss : “Make sure you have something in the music that makes people bob their heads”. Car en dépit de ce melting pot d’influences, le japonais ne se dépareille jamais d’un groove hyper efficace.

Vous l’aurez compris, Rising Sun est pour nous à la fois un énorme coup de cœur et la découverte d’un superbe trompettiste. Entre un jeu à la fois hyper contemporain et des réminiscences d’un jazz seventies fusion, nos oreilles sont comblées. Avec un sens de la mélodie impressionnante, une maîtrise total de la trompette et des multiples influences allant du hip hop au bop en passant par la soul, Takuya Kuroda signe là un album majeur!