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Le Spring Quartet. C’est sous ce nom enigmatique que se sont présentés à nous hier soir au Théâtre du Châtelet quatre musiciens de génie. Jack DeJohnette et Joe Lovano qu’on ne présente plus – leur longévité sur la scène jazz parle d’elle même. Esperanza Spalding, contrebassiste et parmi les plus jeunes professeurs ayant jamais enseigné au mythique Berklee’s College de Boston. Leo Genovese, jeune pianiste virutose que nous découvrions hier soir. Formé pour une tournée internationale ayant débuté en janvier, le quartet éphémère y mettait le point final hier soir à Paris. Et nous n’étions pas les seuls curieux d’entendre cette formation intergénérationnelle, Henri Texier avait également fait le déplacement ! Le concert ayant été retransmis sur Mezzo, nous tâcherons de le retrouver sur une plateforme stream…

Cette formation est toute neuve et pourtant, à écouter leur musique, rien n’y parait. Car ce quartet, c’est du haut, très haut niveau ! Tant individuellement que collectivement, leur musique est passionante. Elle est une sorte de démonstration de jazz : l’improvisation, la liberté de création… le tout dans une écoute collective permanente. Bien que les structures aient paru parfois rigides (thème – chorus – chorus… – thème), les parties improvisées ont prouvé qu’il n’était pas question de s’enformer dans un jazz simpliste et obsolète. Leurs qualités individuelles et collectives ont permis d’emmener chaque moment de la soirée vers un horizon grand ouvert. Les rugissements de tarogato de Joe Lovano par exemple – un instrument rarement rencontré sur la scène jazz. Tout comme son double sax soprano (l’aulochrome). Ou encore la superbe introduction scat / contrebasse d’Esperanza. Les breaks et relances incessants de DeJohnette, les chorus astronomiques de Genovese… Toujours dans l’écoute des autres, leur permettant de réagir, relancer, se surprendre, et nous tenir en haleine. Bref, le genre de concerts haletant qu’il faut plusieurs jours pour digérer ! Jack DeJohnette, lui, semblait l’avoir plutôt bien digéré quand nous l’avons croisé à la recherche d’un coin où dîner après le concert. Question d’habitude !