Roy-Ayers-Ubiquity--Lifelin-454021Après le superbe concert de jeudi dernier décrit avec talent par Guillaume ici, quoi de plus logique que de présenter aujourd’hui l’un des grands classiques de Roy Ayers?

Après une décennie à accompagner en tournée et en studio différents musiciens, Jack Wilson, Chico Hamilton et Herbie Mann notamment, et après avoir enregistré quelques disques de post-bop sur Atlantic Records, Roy Ayers crée enfin son propre groupe, Roy Ayers Ubiquity, au début des années 70. C’est avec cette formation au lineup changeant que le vibraphoniste va sortir ses disques les plus emblématiques et devenir l’apôtre du Jazz-Funk.

En 1977 on est en pleine période disco, et comme tout au long de sa carrière Roy Ayers incorpore ce nouveau “son” dans ses propres compositions, ce qui fait de “Lifeline” un album controversé, souvent méprisé par certains puristes en raison de certains arrangements un peu grossiers et de la drague ouverte faite au grand public. Si “Lifeline” n’est pas le meilleur album de Roy Ayers, il est celui qui l’installe dans les charts, ce qui ne lui était jamais arrivé, il abrite quand même plusieurs pépites, dont le fameux “Running Away”, son plus grand succès commercial en 12″, mais aussi le morceau avec lequel il a ouvert son concert Jeudi dernier, ce qui a motivé mon choix, et il contient quelques très jolis solos de vibraphone ou Roy démontre toute l’étendue de son talent.

Co-produit par l’organiste Edwin Birdsong, dont le “Cola Bottle Baby” sera samplé bien plus tard par Daft Punk pour “Harder Better Faster Stronger”, et le bassiste William Allen, l’album met aussi en avant la voix de Dee Dee Bridgewater, qui assure dans les choeurs et en lead.

L’album commence avec “This Side of Sunshine”, une ballade romantique et cotoneuse gentillette, mais qui n’annonce pas la bombe qui suit: “Running Away” fut un énorme tube dans les clubs à l’été 77, grâce à une ligne de basse qui tue tout et une mélodie contagieuse. “Gotta Find a Lover” est une autre ballade, chantée par Sylvia Cox et Edwin Birdsong, au groove lent et aux très forts accents Soul, dont la qualité évidente est encore augmentée par les solos de Roy au vibraphone. La face A se clot avec une autre ballade, “I still Love You” et “Lifeline”, un morceau instrumental où Roy Ayers fait ce qu’il sait faire de mieux: Jouer du vibraphone.

La Face B annonce tout de suite la couleur avec “Cincinnati Growl”, un morceau Jazz-Funk où Dee Dee Bridgewater répète inlassablement “Cincinnati”, et l’un de mes préférés de l’album. “Fruit” est un autre excellent morceau funk, et le reste de la face B est du même accabit, “Together”, “Stranded in the Jungle” et le jubilatoire “Sanctified Feeling” formant un ensemble cohérent et diablement funky.

En bref, ne croyez pas les mauvaises langues, “Lifeline” n’est pas l’album le plus créatif de Roy Ayers, mais ça reste l’un de ses classiques, et sans aucun doute celui qui fera le plus bouger les popotins sur les dancefloors.

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