Rene-Urtreger-Trio-1957Retour aujourd’hui sur un virtuose du piano, français qui plus est, surnommé dans nos vertes contrées “le roi René”. Et croyez nous, ce n’est pas usurpé! Né en 1934, René Urtreger commence très tôt l’étude de la musique (classique), que seule la guerre interrompt en 1944. Il bifurque vers le jazz en 1951, et il suffira de quelques année pour qu’il remporte à 19 ans le 1er prix du Tournoi National de Jazz.

Présent au piano du Blue Note à Paris depuis ses 18 ans, il commence à accompagner les plus grands be-bopers de l’époque. La liste est longue, mais on peut en citer quelques-uns : Don Byas, Stan Getz, Lester Young (sur son dernier disque : Le Dernier Message), Lionel Hampton, Jay Jay Johnson, Chet Baker… Il enregistrera avec beaucoup d’entre eux sur Barclay avant de signer son premier disque avec son trio : René Urtreger Plays Bud Powell en 1954. Et lorsque Miles Davis, amoureux de Juliette Gréco, fréquentait la rive gauche, c’est bien sûr le roi René qui l’accompagnait (il fera deux tournées européennes avec le trompettiste). C’est également lui qui assure le piano du mythique Ascenseur Pour L’échafaud, la BO du film de Louis Malle. En 1960 il remporte le Prix Django Reinhart de l’Académie du Jazz pour son album en trio avec Daniel Humair et Pierre Michelot : H.U.M.

Il s’éloigne du jazz vers 1965 et part vers de nouveaux horizons : il travaille pour Claude François, Sacha Distel, Serge Gainsbourg… Il revient au jazz à partir de 1977 avec un nouvel album : Récidive. Il se produit à nouveau avec des jazmman de premier plan : Dizzie Gillespie, Sonny Stitt… Il continue encore de se produire en trio ou en quintet, et a été nommé Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en 2010.

Vous l’aurez compris, le roi René a marqué de son empreinte le jazz français, et fut l’un des plus beaux représentants du genre en Europe. On vous fait écouter aujourd’hui René Urtreger Trio, avec Paul Rovère et Al Levitt en 1957, l’un de nos albums préférés. Son admiration pour Bud Powell et Thelonious Monk s’y fait sentir, tout comme son ancrage dans le jazz Be-Bop. Tout en retenu et en finesse, on vous laisse (re)découvrir sa musique, simplement superbe.