Rabih Abou-Khalil trio / Tempo Jazz à Vincennes

Le festival a créé l’évènement samedi soir pour tous les amateurs de mélange free et de jazz fusion, dans sa considération la plus large du terme. Ce concert était le lieu de la reconstitution du trio de Journey to The Centre of an Egg (2005), album du oudiste qui réunissait déjà à l’époque Joachim Kühn et Jarrod Cagwin à ses côtés. Un excellent substitut aux vitamines et autres produits énergisants …

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MAIS QUI EST VRAIMENT RABIH ABOU-KHALIL ?

Maniant parfaitement le calembour et l’art de la parole séductrice, les intermèdes du oudiste en concert ont de quoi déconcerter l’auditeur. Car entre toutes les plaisanteries du libanais gentleman se dévoile une musique violente, sans concession, fruit d’un imaginaire nourri de musique traditionnelle arabe mais également d’inspirations rythmiques complexes ou au contraire parfois très instinctives. Les formations durant sa carrière ont été à son image, multiples et souvent fantaisistes : Solo, Oud et quatuor à corde, ensemble de cuivres avec percussions arabes, chanteur « vocaliste » accordéoniste et tuba,…

 

albums rabih abou khalil

Patchwork non exhaustif d’une autre oeuvre de l’artiste : les pochettes de ses albums

 

En concert, le style indéfinissable des compositions confirme bien une chose : la formation trio (percussions, oud et piano) fait merveille dans ce travail d’équilibre et de dynamique si particulière. Le batteur possède l’intelligence et la conscience qu’un abus de cymbale serait vain dans cette musique déjà tempête de sonorités. Joachim Kühn que l’on ne présente pas, s’y entend toujours à son métier, c’est à dire le free jazz (avec un bel hommage en bis, et au saxophone, à Ornette Coleman). Quant au oudiste, lorsqu’il n’est pas sur un registre envolé arabisant, c’est bien pour se consacrer à la démonstration que son instrument (et le capteur piezo) n’est pas en reste devant les puissances harmoniques de ses confrères.

 

 

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Ambassadeur du oud actuel, Rabih Abou Khalil rénove ainsi depuis plus de 25 ans le répertoire d’un instrument dont les tentatives de modernisations sont plus ou moins réussies. Ses recettes : le refus catégorique du cliché et d’une musique carte postale, son amour pour les instruments acoustiques, les rassemblements éclectiques, et enfin beaucoup d’humour. Clou du spectacle, la reprise de son tube « Blue Camel », éponyme de l’album sortie en 1992. Autre perle à (re)découvrir d’ailleurs pour la qualité des compositions, des percussions, de la prise de son, et du groove !

 

Solo de oud (R. Abou-Khalil), de saxophone alto (C. Mariano), de basse (S.Swallow) se succèdent avec – pas de panique – du monde derrière : les trois percussionistes M. Cardona, R. Shotham et N. Khaiat.

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