Pat-Metheny-Unity-Group-KIN2Avis à tous les fans, et on sait qu’ils sont nombreux : voici le nouvel album en groupe du guitariste soixantenaire Pat Metheny. Deux ans après Unity Band (qui lui rapporta son 20ème Grammy Awards), premier album avec le Pat Metheny Unity Group qui a tout d’un quartet all stars, le compositeur remet le couvert en transformant son quartet en quintet. C’est donc avec un line up de rêve que Pat Metheny sort Kin <–> : le saxophoniste Chris Potter, le batteur Antonio Sanchez, le contrebassiste Ben Williams et le multi instrumentiste Giulio Carmassi qui rejoint le groupe.

Après deux albums à part, deux albums un peu plus “laboratoire” (The Orchestrion Project et Tap: John Zorn’s Book of Angels, Vol. 20), certains fans seront sans doutes heureux de retrouver l’un des guitaristes majeures du jazz revenir à un album en groupe. Kin <–> semble concilier la facilité d’accès et l’immédiateté de sa musique telle que nous pouvions l’entendre dans Travels ou Still Life et la complexité et la recherche musicale qui caractérisait ses deux précédents albums. La partie rythmique de Williams et Sanchez est toujours aussi efficace, assurant toujours de la force et du groove à l’ensemble et surtout aux leaders que sont Metheny et Potter. L’ajout de Giulio Carmassi est aussi un vrai plus dans la musique du Unity Group, l’homme étant capable de jouer du piano, des instruments à cordes, à vents et use même parfois de sa voix. Il participe ainsi à la fois aux mélodies et aux textures et étend encore la palette du groupe.

« Le cœur du quatuor composé de Chris, Ben, Antonio et moi a joué plus de 100 concerts au cours de l’année qui a suivi la sortie de notre disque Unity Band. Au cours de cette période, le groupe est devenu une de ces combinaisons rares de musiciens où le Tout est plus que la somme de ses parties ; il a pris une réelle consistance, et cela semblait appeler à une expansion et de nouvelles recherches » Pat Metheny.

Bien que l’écriture de l’album montre dans l’ensemble un belle complexité, on retrouve l’art de Pat Metheny pour créer des mélodies immédiatement accrocheuse. Il n’y a qu’à entendre le morceau d’ouverture One Day One pour s’en convaincre : en 15 minutes la composition nous offre un bel éventail des différents sons que le Pat Metheny Unity Group est capable d’offrir. Tout en étant écrit, le morceau laisse aussi de belles plages d’improvisation à l’instar des autres morceaux de l’album. Rise Up quant à lui montre un Metheny à la guitare qui peut évoquer des précédents albums comme As Falls Wichita, So Falls Wichita Falls, le sax soprano de Potter en plus. Personnellement nous avons eu un coup de cœur pour We Go On et son atmosphère plus électronique, plus soul aussi. Sa mélodie pop risque d’entrer facilement en tête pour ne plus en sortir.

Kin <–> montre ainsi la nouvelle évolution de Pat Metheny, et assoit l’Unity Band comme la suite logique de ce que le guitariste avait entamé avec PMG (et Lyle Mays). C’est donc un très bel album qui réussit à ajouter une nouvelle pierre à l’œuvre du compositeur tout en se servant des recherches passées. À soixante ans, Pat Metheny se projette toujours vers l’avant et ce pour notre plus grand plaisir.

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