Mehliana – Taming The Dragon

mehliana-taming

Mehliana… voilà la façon la plus évidente qu’ont choisi le pianiste Brad Mehldau et le batteur Mark Guiliana de nommer leur association. Déjà forts de leurs succès en concert, les musiciens ont récemment gravé en studio leur musique, et certainement l’histoire du jazz électrique/électronique. Taming The Dragon, premier fruit discographique du duo, paraîtra le 24 février prochain sur le label Nonesuch.On peut choisir d’appréhender la musique de Mehldau et Guiliana par différents angles. Celui du jazz évidemment, dont sont issus les deux musiciens. Celui de la technique car l’album repose sur quantités d’effets, de synthétiseurs en tous genres. Celui des musiques électroniques également, au sens de celles qui explorent les possibilités de la technique pour créer des univers sonores caractéristiques (écoutez Jean-Jacques Perrey que nous évoquions il y a quelques jours, ou des artistes plus actuels comme Trentemøller par exemple), rien à voir avec les électroswing et autres mélanges à la mode… Trois cordes au même arc donc, trois cordes accordées.

Les ambiances (rythmiques, harmoniques), les timbres, sont les clés de la beauté de cet album. Au travers des 12 pistes et de près d’une heure et quart de musique, ce disque fait état des recherches empiriques menées par les deux jazzmen à combiner les atmosphères, les agencer, les superposer, les juxtaposer. La preuve est ici donnée qu’elles sont tant du fait des percussions que des harmonies. Si les possibilités de Mehldau sont certes plus étendues dans ce domaine (possibilités des synthétiseurs), Guiliana sait adopter un jeu très propre et automatique pour « sonner » boîte à rythme sur les titres atmosphériques (n’y voyez là rien de péjoratif). Il participe également aux effets. Force est de constater que « ambiance » n’est pas synonyme de nappes harmoniques et tempo au ralenti. Les titres plus dynamiques vont parfois jusqu’à se donner une couleur jazz-rock ou rock progressif et les chorus de claviers accrochent immédiatement. Pour enfoncer le clou, certains titres sont d’un groove redoutable !

Les deux jazzmen livrent également un vibrant hommage à Gainsbourg avec un titre éponyme, dont les premiers accords sont calqués sur ceux du mythique Initials B.B. Pour parfaire l’hommage, les vers les plus emblématiques de Manon, chanté par Gainsbourg, ponctuent la deuxième partie du titre et le concluent. De quoi séduire les inconditionnels de l’homme à tête de chou !
 

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *