Martha & Vandellas - Dance PartyLes Del-Phis, ancêtres des Vandellas, sont un girls band parmi tant d’autres dans le Detroit fourmillant du début des années 60, lorsqu’un premier événement décisif fait basculer le sort du groupe: le remplacement de la lead singer Gloria Williams par Martha Reeves.

Devenues les Vels, le groupe enregistre deux 45 tours qui ne rencontrent aucun succès, mais commence à se faire connaître et obtient de plus en plus de jobs comme choristes d’artistes plus connus. En 1961, Martha Reeves obtient un job de secrétaire chez Motown, et dès lors les Vels mettent un pied dans le label mythique, un label qu’elles ne quitteront plus jamais. D’abord choristes de Marvin Gaye, la voix puissante de Martha impressionne tellement Berry Gordy lors d’une démo enregistrée en remplacement de Mary Wells, malade, que celui-ci leur offre immédiatement un contrat. Elles seront désormais les Vandellas, ou plus précisément Martha and the Vandellas.

Soutenues dès lors par les songwriters, producteurs et musiciens exceptionnels de l’écurie Motown, les Vandellas enchaînent les classiques en 45 tours, “(Love is like) a Heat Wave” atteint même la première place des charts R&B et se vend à plus d’1 million d’exemplaires. Les albums restent malgré tout décevant, les tubes étant accompagnés de “fillers”, soupes écrites pour remplir la galette. Tout change au printemps 1965 avec “Dance Party”, le 3e album du groupe, où figurent, en plus de leurs deux morceaux les plus emblématiques, de nombreuses petites pépites, faisant de clui-ci un classique et la définition même du son Motown des 60’s.

Produit par Mickey Stevenson, l’album est majoritairement écrit par le trio emblématique du label Holland-Dozier-Holland (Lamont Dozier et les frères Brian et Eddie Holland), mais aussi co-écrit par d’autres légendes comme Marvin Gaye et Stevie Wonder. On y retrouve leur plus grand tube, “Dancing in the Streets”, et le très dansant et irrésistible “Nowhere to Run”, porté par l’énergie incroyable dégagée par la voix de Martha Reeves. La différence avec les albums précédents, c’est que cette fois-ci la grande majorité du reste des titres est au niveau. “Wild One” plane sur de superbes choeurs et emporte toujours tout sur son passage 50 ans plus tard, la reprise du tube “Hitch Hike” de Marvin Gaye est solide, “Dancing Slow” est un superbe slow jam à écouter en buvant son café, “There he is (at my door)” une merveilleuse balade dans le plus pur esprit Motown, et un hymne au talent de Martha Reeves. Bref, cet album est à mon sens la quintessence du son Motown des 60’s, et toujours un classique, à découvrir ou redécouvrir au plus vite. Même si la pochette est très très moche.