Marcus Miller à l’Olympia – débriefing !

Le Digitalophone l’avait déjà évoqué, Marcus Miller était hier soir à l’Olympia de Paris pour présenter son nouvel album, Renaissance. Le Digitalophone y était, il débrief !

20h, on est dans la salle. Sur scène, les cinq basses de Marcus Miller trônent au milieu du plateau comme pour annoncer la couleur de la soirée. Parmi elles, deux cinq cordes et une fretless.

20h30, l’heure annoncée du début de concert a sonné. Pourtant, quelques roadies trainent ça et là sur scène, il va falloir patienter.

21h00, ça est, le dernier road sur scène en termine avec l’accordage de la cinquième basse, c’est imminent. Depuis quelques minutes déjà, le public lance spontanément des séries d’applaudissements pour signifier son envie de voir les lumières s’éteindre.

Pas d’arrivée fracassante, les musiciens s’installent dans la pénombre et Louis Cato attaque avec un riff certes simple mais bien accrocheur à la batterie. Les autres suivent. Marcus, en maître de cérémonie arrive et laisse prendre la mayonnaise avant d’enfiler sa Fender.

Il sait pourquoi on est tous là, alors c’est tout naturellement qu’il entame Mr. Clean, un des titres les plus groovy du dernier album. Si l’énergie est incroyablement funky, l’esprit reste très jazz. Marcus, en grand chef, laisse beaucoup de place à ses musiciens et distribue les chorus à Alex Han au sax et Lee Hogans à la trompette. Ils enchainent avec Detroit, morceau phare de Renaissance, que tout le monde dans la salle semble déjà avoir assimilé. La formule est la même, l’énergie monte d’un cran. Alex Han qu’on peut croire réservé à la prise de parole, se montre en fait amateur de chorus allant crescendo et dévoile quelques phrases bien senties. Suivent ensuite Redemption et February sur le même modèle.

Jusque là, on n’a se demande pourquoi Adam Agati (guitare) et Kris Bowers (claviers) sont tant restés en retrait. Marcus prend la parole et annonce la couleur dans son impeccable français : « il y a deux côtés, un calme, c’était là, et l’autre plus agité, c’est maintenant. Je suis bipolaire ! ». C’est donc tout naturellement que, pour illustrer ces deux facettes, la team attaque Jekyll & Hyde. Si Adam Agati avait alors parfaitement incarné Dr. Jekyll, ne levant les yeux de son manche que brièvement et à de rares occasions, il s’est révélé un extraordinaire Mr. Hyde ! En quelques grilles, son énergie plus rock que rock (enfin il occupe la scène !) réveille et émerveille le public qui n’attendait que ça. Les têtes bougent, et les pieds battent la mesure. C’est ensuite à Kris Bowers de prendre le relai. On est ravi de l’entendre s’énerver lui aussi, même si passer après Adam Agati se révèle être une lourde tâche. Suivent ensuite les titres Goree que Marcus entonne à la clarinette basse (hé ouais, on se doutait qu’elle trainait dans les coulisses celle là !), et Slippin’ Into Darkness.

Et déjà Marcus annonce la fin et tous quittent la scène. La standing ovation ne se fait pas attendre, le public en veut encore ! Arpès s’être fait prier quelques instants, le bassiste revient sur scène, seul, et s’assoit sur le proscenium pour entonner calmement I’ll Be There. En cette fin de concert, le morceau prend des airs de berceuse et on se dit qu’on aurait aimé terminer autrement. Arrivent alors ses musiciens chapeautés à la Miller et tous commencent à faire le boeuf. Ouais, c’est déjà mieux ! Mais le meilleur est à venir. En guise de deuxième et dernier rappel, Marcus fait sonner les premières notes de Blast! de l’album précédent. Le public cautionne et réagit immédiatement. On finit donc sur un morceau… explosif !

On aura beaucoup aimé voir Miller zigzaguer entre des intentions jazzistiques variées. Des improvisations jouées aux doigts qui auraient parfaitement collé à la contrebasse aux grosses échappées virtuoses et claquantes qu’on lui connait, le bassiste a su donner au public ce qu’il attendait tout en sachant modérer la fréquence de ses envolées et mettre en avant ses musiciens. On retiendra particulièrement les chorus d’Adam Agati qui pour nous a été la vraie surprise de ce concert. On regrette simplement un batteur techniquement certes très au point mais linéaire dans ses intentions (un peu brutales d’ailleurs) et la difficulté de la section cuivre à transmettre son énergie. Il n’en reste pas moins que les deux heures de concert sont passées bien vite et qu’on en voulait encore !

La vidéo n’est pas de nous, mais voici à quoi ça ressemblait.

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