Sortie le 16 février 2015 – Godfellas

Luca Sapio & The Dark Shadows, un nom taillé pour le courant nu-soul. A croire que la formule « Leader & The Band » est incontournable pour pénétrer cette scène en constante effervescence : Hannah Williams & The Tastemakers, Sharon Jones & The Dapkings, St Paul & The Broken Bones, Emma Donovan & The Putbacks pour n’en citer que quelques uns, l’avaient déjà reprise. Car oui, la soul est une musique spirituelle, incarnée par une figure unique. Comme le preacher à l’église, le chanteur occupe seul le devant de la scène. L’auditeur aura donc vite cerné ce dans quoi il s’embarque avant même les premières notes.

Pourtant, comme chacun des artistes susmentionnés, Luca Sapio a lui aussi sa « touch ». Loin des clichés tubesques qui rentrent dans la tête, l’album est emprunt d’une certaine introversion que j’imagine a fortiori très personnelle (I’m So Tired, I Was A Good Boy), bien que quelques titres particulièrement efficaces trouveraient parfaitement leur place en radio (All Around Me). Une voix singulière, voilà ce qui scelle la marque du coroner italien (qui pourtant n’est pas sans rappeler le timbre nasal de Ray Charles par moment). Ici, pas de démonstrations vocales, on donne juste assez de voix pour que l’on y prête une oreille particulièrement attentive, une manière de susciter subtilement l’attention. Egalement la composante blues très marquée, remarquable sur Dark Shadows illustrée par cette guitare saturée qui pleure un chorus tout droit venu des berges du Mississippi. Le leader fait donc honneur à Memphis Slim dont il aime rappeler le « You cannot sing the soul without experiencing thé blues ».

Every Day Is Gonna Be The Day ne chamboulera pas l’univers de la soul, certes (c’est pourtant tout le mal qu’on lui souhaite !), mais les arrangements sont tout à fait dans le ton et n’ont pas à rougir devant ceux des belles heures de la soul. Tout cela forme un bel ensemble, l’album fait honneur à la place qu’il occupe dans les rayons des disquaires.