La Playlist du Lundi #18 – Gil Scott-Heron’s 64th birthday

playlist-du-lundi-#18Ce n’est pas parce que c’est un lundi férié que la Playlist du Lundi se repose. Surtout le jour où Gil Scott Heron aurait eu 64 ans. On vous poste donc une très belle sélection par Sid Ford, résident chez The Jazz Meet, et on vous parle un peu plus du maître du spoken word.

Considéré comme l’un des pères du spoken word, la poésie abrasive de Gil Scott Heron a inspiré nombre de rappeurs. Né à Chicago le 1er avril 1949, il grandit dans le Tennessee et va à l’école dans le Bronx, d’où il tirera sans doute beaucoup de son songwriting. Le poète écrira dès son adolescence (il finira un premier recueil de ses textes à 13 ans). Il publie également un roman : The Vulture en 1968, à la suite de quoi il passe une année à la Pennsylvania’s Lincoln University où il rencontrera son acolite : Brian Jackson qui deviendra plus tard un partenaire très important dans sa musique.

Encouragé à enregistrer par le légendaire producteur de jazz Bob Thiele (Louis Armstrong, John Coltrane…) le premier album de Gil Scott, Small Talk at 125th and Lenox, sortira en 1970. La première compo, le mythique The Revolution Will Not Be Televised, est une critique des médias et des américains blancs qui refusaient de voir la situation des banlieues. Son deuxième album, Pieces Of A Man en 1971, pursuit dans cette voie. Free Will sera son dernier album pour le label Fying Dutchman : il sortira Winter In America sur Strata East en 1974.

En 1975 il signe sur le label Arista (il sera le premier artiste à signer sur le label de Clive Davis) où il trouvera le succès dans les charts R&B : le 45 tours Johannesburg atteint le top 30 et Angel Dust grimpera à la 15ème place. L’influence de Brian Jackson qui l’a rejoint au clavier n’est peut être pas étranger au succès de ces deux premiers albums chez Arista. Malgré ces succès, les texte de l’auteur restent tout autant engagés et ne perdent pas de leur pouvoir de dénonciation. En ’78 arrive le producteur Malcolm Cecil, qui a travaillé un peu plus tôt sur le funk des Isley Brothers et de Stevie Wonder. Le premier single de cette collaboration, The Bottle, sera ni plus ni moins que le plus gros succès de Gil Scott Heron : le titre atteindra la 15ème place des charts R&B. Dans les années ’80, les textes du poète gagnent encore en engagement politique : les 45 tours B Movie et Re-Ron s’attaquent spécifiquement au président Reagan et à sa politique conservatrice. Mais en 1985, Arista arrête sa collaboration avec Heron. Ce dernier continue de tourner mais n’enregistre plus.

Après une pause de presque 10 ans, et plusieurs problèmes liés à la drogue, Gil Scott Heron revient en 1994 avec Spirits, dont la track d’ouverture Message To The Messengers, montre du doigt les rappeurs dont l’influence (positive ou négative) est importante sur les plus jeunes. Il annonce en 2007 qu’il est atteint du sida et tourne de moins en moins. Il enregistre tout de même en 2010 I’m New Here, superbe album dont il fera un remixe en 2011 avec Jamie Smith (des XX) : We’re New Here. Il meurt peu de temps après une série de dates en Europe cette même année, le 27 mai 2011.

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