Joe Harriott Double Quintet – Indo Jazz Suite

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On revient ce soir sur un album peu connu et pourtant remarquable. Nous en avions d’ailleurs extrait une track pour clôturer notre podcast spécial summer. Dans cette Indo Jazz Suite, nous avons affaire au saxophoniste caribéen Joe Harriott, souvent comparé à Ornette Coleman le swing en plus, et au compositeur et chef d’orchestre John Mayer de Calcutta. L’album est l’un des plus beaux exemples de mélange des musiques de l’Ouest (occidentale) et de l’Est (orientale). Composé presque entièrement avec le système musical Indien : le Râga et ses 5 notes et avec le système modal occidental. L’ensemble des 4 Râgas qui composent l’album sont ainsi des petits chefs d’œuvre d’invention harmonique. Sous la plume de John Mayer la musique occidentale et orientale s’entremêlent et créent des inventions tonales magnifiques. Car à l’écoute, bien qu’avec une ambiance Indienne relativement présente, on se rapproche tout de même de la musique occidentale par touches bien senties (notamment sur les deux premiers morceaux).

« There were problems to be faced in bringing the two kinds of music – jazz and Indian – into such close proximity. John Mayer, an Indian composer who came to Britain from Calcutta in 1952, had previously written several concert works which link Indian scalar forms and rhythms with Western modes, and these have been performed by various European orchestras and soloists. But this was his first attempt at fusion with jazz musicians. » Charles Fox – Notes de l’album.

Outre l’écriture admirable de Mayer, le quintet se compose de musiciens de talents dont une partie du groupe de Harriott : Pat Smythe au piano, Allan Ganley aux drums et Coleridge Goode à la basse – complétés du trompettiste Kenny Wheeler, du flutiste Chris Taylor, de la sitar de Diwan Mothar, du tamboura de Chandrahas Paiganka, du tabla de Keshan Sathe et bien sûr du saxophone de Harriott et quelques apparitions de Mayer au violon. Les deux premiers morceaux, très swing, vont au delà des seules notes Indiennes, et l’on retrouve un univers musical proche du post bop. Les deux autres morceaux sont bien plus éloignés de la musique occidentale, les titres parlent d’eux mêmes : Raga Megha ou Raga Gaud-Saranga, dans lesquels on notera des solos de sitar peu communs. Mais qu’ils soient plus inspirés d’une musique ou de l’autre, les quatre morceaux dégagent une atmosphère réellement enivrante, que l’on aimerait rencontrer plus souvent. La qualité d’écriture et d’interprétation font de cet album un indispensable, chef d’œuvre de Jazz-World Fusion.

1 Comment

  1. klumtag janvier 31, 2014 at 11:55

    Excellent album! mais il serait dommage de passer à coté d’Indo Jazz Fusions qui est tout aussi indispensable.

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