Jeff_Beck_blow_by_blow

Si Miles Davis avec ses Bitches Brew et In a Silent Way ou Chick Corea avec son Romantic Warrior (pour ne citer qu’eux évidemment) sont arrivés au jazz-rock par la voie du jazz, d’autres ont cheminé à l’inverse et sont partis du rock pour se retrouver sur un terrain commun. C’est le cas de Jeff Beck qui sort en 1975 son Blow by Blow devenu une référence du jazz-rock.

Issu de la scène rock britannique avant-gardiste des années 60, Jeff Beck est considéré comme un des guitaristes les plus passionnants de sa génération. En 1965 il intègre les Yardbirds, bouillon de nouveautés où il devient un des premiers à profiter des possibilités offertes par l’électrification de la guitare. Sont visés tous les effets et notamment la distorsion. Si aujourd’hui encore Jeff Beck est identifiable en trois notes, c’est bien grâce à la complexité de son “son”. Pédales d’effets, bottleneck, violoning, vibrato, etc. Tout cela va dans le bon sens du, celui du jazz-rock.

Après son passage au sein des Yardbirds, le guitariste mène plusieurs expériences et enregistre en 1975 des morceaux instrumentaux avec le claviériste Max Middleton, le bassiste Phil Chen et le batteur Richard Bailey. Blow by Blow est le résultat des ces sessions d’enregistrement. On note aussi l’apparition de Stevie Wonder sur Thelonius. Si l’album repose certes sur un fond solide, de très bonnes compositions (deux d’entres elles sont l’oeuvre de Stevie Wonder et She’s a Woman est soigneusement empruntée à Lennon et McCartney), la forme est tout aussi remarquable. Les clavinet et Rhodes sous les doigts de Middleton sont d’un groove redoutable, en témoignent le You Know What I Mean qui ouvre l’album et Constipated Duck, dont on salue l’humour du titre. Le tout est emmené par un duo basse/batterie robuste à toute épreuve ! Un album jazz-rock, à n’en douter. On peux néanmoins détecter les origines rock de Beck par cette guitare toujours mise au premier plan en s’illustrant dans de longs soli improvisés pour certains (Cause We’ve Ended as Lovers) ou savamment réglés pour d’autres (écouter Scatterbrain) et dans la couleur donnée à l’album, toujours très bluesy.