Jean-Jacques Perrey – Moog Indigo

perrey0On revient aujourd’hui sur l’un des pionniers de la musique électronique : Jean-Jacques Perrey. Ce spécialiste de l’ondioline (l’ancêtre du synthétiseur) officiait d’abord en duo avec Gershon Kingsley avant de produire une série d’album solo dans les années 1960, armé de ses seuls claviers. Avec une réelle volonté de démocratiser la musique électronique, ses compositions font parfaitement le pont entre le jazz, le funk et les débuts de l’électro. Dans un univers souvent joyeux voir même humoristique, sa musique vient parfois taquiner ce qui pourrait ressembler au début de la pop. Reste que bien souvent, les sons que le français extirpe de ses claviers sont tout bonnement surnaturels.

« J’ai utilisé des sons et en particulier des sons d’animaux pour créer des boucles humoristiques, c’est-à-dire des rythmes que j’ai intégrés dans mes mélodies depuis déjà les années 50. » Jean-Jacques Perrey

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L’aventure commence au début des années ’50s, lorsque Jean-Jacques Perrey tombe amoureux de l’ondioline et quitte son école de médecine pour devenir un vendeur représentant de cet étrange instrument. Il déménage dans les années ’60s aux États Unis pour travailler à la télévision, à la radio et dans les studios des labels. Il débutera ses enregistrements chez Vanguard dans la foulée. En 1970 il revient en France et continue de bosser pour des BO, la TV etc… Dans les années ’90s ses pérégrinations musicales sont redécouvertes et samplées par de nombreux artistes (on pense notamment au sample de E.V.A qui figure sur l’album dont nous allons vous parler par Gangstarr sur Just to Get a Rep)Il collabore aussi avec Air et sort un nouvel album à 80 ans : Destination Space en 2008 avec Dana Countryman.

Mood Indigo est clairement l’un de nos 33t préférés de Perrey. Son deuxième album réussit en effet à la fois à nous surprendre avec des sons et des textures démentes, mais propose en plus quelques touches d’humour et de beats rigolos qui ne décrédibilisent pas pour autant la musique. Sorti en 1970, l’album s’articule autour de ses expérimentations sur le synthétiseur Moog. La track phare de Moog Indigo est bien sûr E.V.A, funky à souhait et samplée de nombreuses fois (on vous en a parlé plus haut). Mais d’autres compos sont également à retenir, telles que Soul City, également bien funk dans l’esprit avec une grosse guitare dessus. Hello Dolly est tout aussi incroyable, un peu plus jazz que les autres peut être. Bref, un album à écouter les yeux fermés mais les oreilles grandes ouvertes, pour peu que l’on ait un peu de sens de l’humour! Pour info, il me semble qu’une compilation de son travail est sorti en 2012  : First Man On The Moog! Tout un programme…

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