Jackie-Moore-Sweet-Charlie-Bab-457442Jackie Moore fut un entraîneur des Oakland Athletics de la Major League de Baseball dans les années 80, mais pour les fans de musique c’est bien son homonyme féminin qui compte, Jackie Moore étant avant tout l’une des quelques divas “Southern Soul” des années 70. Originaire de Jacksonville en Floride, où comme de nombreuses consoeurs elle affine et travaille sa voix en chantant du gospel dans les églises, sa carrière irrégulière a été faite de hauts et de bas étalés sur plus de 20 ans, mais elles nous a offert de nombreuses pépites indémodables, dont le merveilleux album dont nous allons parler dans ce post.

Après avoir tenté sa chance sans grand succès à Philly à la fin des années 60, elle signe néanmoins avec Atlantic, le fameux label des frères Ertegun, en 1970, bien aidée en cela par son cousin et producteur de grand talent, Dave Crawford. Son premier succès commercial doit néanmoins beaucoup à la chance. Ce premier EP sur Atlantic propose “Willpower” en face A, un morceau funky bien porté par la voix de Jackie, qui s’il est bien acceuilli n’est pas un tube. Mais la chance tourne, un DJ Floridien inconnu écoute par hasard la face B, un jam plus lent mais avec de superbes rythmiques assurées par des percussionistes de studio de Miami et les cuivres du Memphis Horn, qui a tout du tube soul. Le morceau est joué, le public en redemande, et le morceau devient immédiatement un tube joué constamment sur la radio. Dès lors le titre est joué dans toute la Floride, le succès fait boule de neige, et début 1971 le 45 tours, porté par sa face B “Precious, Precious” s’est vendu à 1 million d’exemplaires.

Etonnament Atlantic ne tente pas de profiter immédiatement du succès en sortant un album, et ce sont donc d’abord trois nouveaux 45 tours qui sortent. Il faut attendre 1973 pour la sortie du disque qui nous intéresse ici, le premier album de Jackie, “Sweet Charlie Babe”, une merveille Soul/R&B avec quelques accents Disco, et l’un de mes disques favoris.

Produit majoritairement par son cousin Dave Crawford, mais aussi par 2 autres excellents producteurs et songwriters, Bunny Sigler et Phil Hurtt, “Sweet Charlie Babe” est un album dans lequel on trouve une gamme complète de ce que peut proposer le meilleur de la Soul du début des années 70, brillamment interprétée par la voix riche en texture et en émotions de Jackie.

L’album commence avec le morceau éponyme, hymne à son amour pour son boyfirend Charlie, dont la partie de cordes annonce le morceau suivant, personnellemnt mon préféré de l’album : “Clean up your own yard”. Un texte socialement engagé, mais aussi un groove et une énergie qui emportent tout sur leur passage dès la première mesure, et qui continuent à être efficace dans n’importe quelle soirée 40 ans plus tard. A ecouter ici. Suivent “If”, répétitif et superbement mélancolique, et “Darling Baby”, reprise du classique Motown des Elgins.

“Cover Me”, comme “Willpower”, et le tube précédemment nommé “Precious Precious” sont tous des classiques deep soul en puissance aux sonorités variées, tous d’excellents morceaux d’album. Mais il reste encore deux pépites dans cet album. Tout d’abord “Time”, un titre funky lent aux paroles socialement engagées, qu’on a envie de réécouter aussitôt qu’il est achevé, et surtout “Both Ends against the Middle”, un morceau joyeux, le plus disco de l’album, qui deviendra un tube “Northern Soul” dans le nord de l’Angleterre, et qui ne peut s’empêcher de vous coller un sourire ultra bright sur le visage.

Vous l’aurez donc compris, cet album est à découvrir de toute urgence, dans la playlist ci-dessous: