Ibeyi-new500x500-000000-80-0-0Ibeyi, c’est le nom qui est sur toutes les lèvres en ce moment. Les jumelles apparaissent en effet comme les révélations de ce début d’année. Leur soul hybride nous avait déjà marqué lorsque nous les avions découvertes en première partie de Roberto Fonseca aux Bouffes du Nord l’année dernière. Avec leur album éponyme, les deux sœurs font plus que confirmer!

Lisa Kaindé et Naomi Diaz ne sortent pas de nul part : leur père (disparu alors qu’elles n’étaient qu’enfants) n’est autre que Miguel “Anga” Diaz, percussionniste du Buenavista Social Club mais c’est leur mère vénézuélienne Maya qui les pousse à se produire ensemble. De Cuba à Paris, les jumelles tissent leurs influences en un chant résolument soul, mais où leur background afro-cubain et électro rejaillit. Ibeyi est d’ailleurs un mot Yoruba (religion fondée sur le culte des Orishas) qui signifie “jumelles”.

Autant le dire, XL Records a eu le nez fin en signant les deux parisiennes après les avoir remarquées dans une vidéo de leur morceau Mama Says. Ibeyi est d’ailleurs le premier album à sortir de leur nouveau studio d’enregistrement londonien. En 13 morceaux, le duo fait le grand écart entre une musique tout à fait actuelle, électronique et très bien produite, et des chants religieux puisés dans leur culture Cubaine et le voodoo. Les jumelle se complètent à merveille : Lisa-Kainde calme et posée est au piano et mène le chant quand sa sœur Naomi est aux percussions et aux harmonies. L’album s’ouvre ainsi sur un chant traditionnel Yoruba : Eleggua, avant d’enchainer sur Oya un air soul en hommage au dieu du vent. Parfois en Anglais, parfois en langue Yoruba, le chant oscille entre soul et gospel. La musique sert parfaitement l’univers des sœurs, entre beats électroniques et musiques afro-cubaine. L’album est à la fois tubesque et profond, avec des hits en puissances comme l’érotique Ghost ou le funky River. Le chant se fait également sensible, dans Mama Says par exemple où les jumelles racontent la disparition de leur père et la peine de leur mère. Le son d’Ibeyi, tout en citant de nombreuses références, est finalement atypique et très personnel.

Avec Ibeyi, les jumelles s’affirment comme une très belle révélation soul (elles n’ont que 19 ans). Entre musique afro-cubaine, culture voodoo, beats électro et chant soulfull les deux sœurs font souffler un vrai vent de nouveauté, passant facilement d’un univers à l’autre. A la fois sensible, profond et groovy leur premier album est terriblement accrocheur. Un vrai coup de cœur.