_texier_varechVarech, c’est l’un des albums sur lesquels nos oreilles retombent toujours tôt ou tard. De ceux que l’on se réécoute avec plaisir et qui continuent de nous emmener très loin. Avec ce disque de 1977, Henri Texier signe non seulement l’un des ses plus beaux albums (en solo qui plus est), mais pose aussi les fondations d’un jazz au style purement français.

Henri Texier est certainement l’un des bassistes les plus prolifiques de l’hexagone. Bien qu’il ait commencé par jouer du piano à ses 15 ans dans les clubs parisiens, il va très vite se tourner vers la basse afin d’intégrer l’orchestre de Jef Gilson. Il y rencontre Daniel Humair, batteur incroyable, avec lequel il va former l’une des rythmiques les plus demandées de France. C’est ainsi qu’ils accompagnent dans les années ’60s les grands noms du jazz américains de passage à Paris comme Donald Byrd, Dexter Gordon ou Bud Powell. ’68 est une année chargée pour le contre bassiste, avec la création de l’European Rhythm Machine (Woods, Humair, Gordon Beck et George Gruntz) et sa collaboration avec Martial Solal et Lee Konitz.

Dans les années ’70s, Henri Texier élargit sa palette musicale et apprend une grande variété d’instruments (Varech profitera d’ailleurs de ces divers apprentissages, puisque tout le disque est interprété exclusivement par Henri Texier). Il jouera également dans divers ensembles, tels que ceux de Louis Sclavis ou Aldo Romano. Il commence en 1986 une collaboration avec le label Bleu sur lequel il publie la majorité des ses LPs. Dans les années ’90s son fils prêtera régulièrement sa clarinette dans les formations de son père.

Fait chevalier de l’ordre national de la légion d’honneur en 2001, le bassiste a un jeu bien à lui. Il puise notamment ses motifs dans les musiques d’Afrique du Nord qu’il marrie à un rapport très physique à la contre basse. Henri Texier est donc l’un des piliers du jazz made in France, et alors que le bop faisait rage outre atlantique, il a su tracer sa propre voix. Varech est une perle, et possède une atmosphère singulière terriblement attachante. Le morceau d’ouverture vous rappellera sans doute quelque chose, puisque Les Là-Bas a été samplé à de nombreuses reprises (ce qui le rend extrêmement rare et recherché par les diggers). Étant un disque solo, son deuxième après Amir, il constitue un bel aperçu du jeu et de l’univers de ce jazzman hors du commun!

Source : Allmusic