Harlem underground band - back sleeveSobrement intitulé “Harlem Underground”, cet album est le premier et seul album du Harlem Underground Band sous ce nom, mais 2 des 5 morceaux de l’album, dont le célèbre “Smokin Cheeba Cheeba”, datent de 1973.

En effet le Harlem Underground Band, membre de l’écurie de Paul Winley et de son label Paul Winley Records, n’est autre que le nouveau nom du groupe “The Mighty Tom Cats”, qui sort 3 EPs et un album, Soul Makossa, entre 1973 et 1974, tous produits et écrits par le cerveau fertile de Paul Winley et celui de sa femme Ann, la chanteuse du groupe.

Composé de grands musiciens (George Benson à la guitare, Willis “Gator” Jackson au Saxo ou Baby Cortez à l’orgue), le groupe offre des instrumentations funky, suaves et langoureuses à souhait, dont la plus connue est donc sans aucun doute le fameux “Smokin’ Cheeba Cheeba”, un morceau samplé à de nombreuses reprises par de grands noms du Hip Hop, et dont la rondeur de la basse, la sensualité et le groove font merveille. La version de l’album dure ici plus de 7 minutes, celle des Mighty Caps sortie sous le nom de “Love Potion-Cheeba Cheeba” en 1973 dure quant à elle un peu plus de 4 minutes, mais elles sont bel et bien strictement identiques. Véritable hymne d’amour à la “potion d’amour” marijuana, le morceau est porté par l’harmonica de Buddy “Bop” Lucas et un beat simple et efficace à mourir délivré par le batteur Earl Williams.

“Fed up” est l’autre morceau de la face A, un excellent slow jam dans lequel Ann Winley clame à qui veut l’entendre le ras-le-bol de son couple. Malgré le sujet, c’est ici aussi un morceau sensuel à écouter avec bonheur au chaud dans sa couette, si possible accompagné.

La face B démarre avec “Finger in it” (le doigt dedans pour les nuls en anglais), dont le titre improbable se passe de commentaire. Incroyablement funky et aux accents disco, il invite clairement à passer la vitesse supérieure. Suivent une reprise instrumentale intéressante de l’immense classique de Bill Withers “Ain’t no Sunshine”, porté par un beat superbe, et la version instrumentale de Fed Up.

Le tout donne un album magnifique, homogène, et, soyons clair, aphrodisiaque comme une purée de gingembre ou un philtre d’amour. A déguster à n’importe quelle heure.

Le label du groupe devenu peu après l’un des précurseurs du Hip Hop, le Harlem Underground Band servit de backing band sur ces premières productions Hip Hop, notamment pour les filles du couple Winley Tanya et Paulette, mais aussi et surtout Afrika Bambaata. Des morceaux dont nous parlerons tôt ou tard sans aucun doute.