Hannah Williams est notre dernier coup de coeur soul. Cette jeune chanteuse originaire du Royaume-Uni, entourée du sextet The Tastemakers, s’illustre dans une soul digne des années 60 ou 70, décennies marquant l’essor puis l’apogée de cette musique. Premier album, A Hill of Feathers, sorti en octobre 2012. A l’occasion de cette découverte, nous lui avons posé quelques questions. Hannah Williams par Hannah Williams.

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Votre musique et votre voix semblent directement venues des 70’s. D’où venez-vous sur le plan musical ? Quelles sont vos premières amours musicales ? Quand avez-vous décidé de vous lancer dans une carrière de chanteuse ?

Je chante depuis que je suis toute petite, j’ai d’ailleurs lu la musique avant de savoir lire tout court. J’ai beaucoup fréquenté l’Eglise dont mon père était pasteur et y ai acquis tout ce que je sais de l’harmonie en chantant dans sa chorale. Je n’ai jamais vraiment été “formée” pour cela mais, toute ma vie, j’ai appris ce qu’était la voix, sa dimension émotionnelle et la construction musicale. J’apprends toujours.

Je n’avais pas conscience de la dimension “soul” de ma voix jusqu’à ce que je rencontre Nic, mon auteur et compositeur (Hillman Mondegreen) il y a quatre ans. Avant cela je pensais que le grain de ma voix était moche et désagréable. Encouragée, j’ai commencé à explorer cette rugosité… et tout part de là !

Le plus vieux coup de coeur avec la soul que j’aie en mémoire est celui du jour où ma mère m’a fait découvrir Hope She’ll be Happier de Bill Withers. J’ai fondu. J’ai pleuré à en avoir mal et j’ai su à ce moment qu’un jour la soul ferait partie de vie. Dix-sept ans plus tard, voilà où j’en suis ! Merci Maman !

J’ai toujours su que je ferais carrière dans la musique… Bien qu’il y ait eu un brève période durant laquelle je voulais ouvrir un greasy spoon végétarien avec des chanteurs d’opéra jouant jour et nuit. J’avais seulement douze ans quand ces pensées m’ont traversé l’esprit… désolée !

Comment le groupe s’est-il formé autour de vous ? comment vous êtes vous tous rencontrés ?

Nic (Hillman Mondegreen), Jimi Needles (batteur et DJ) et moi-même travaillions ensembles depuis 2008 quand j’ai intégré leur groupe de ska/funk Jackson and the Spangles. Nous nous étions rencontrés à l’Université de Winchester où les gars étudiaient et où je dirige toujours le département des activités musicales extra-scolaires – Foundation Music. Le groupe s’est séparé quand plusieurs membres ont quitté la région après avoir terminé leurs études.
Aussitôt les Spangles dissouts, Nic m’a demandé si je voulais intégrer son nouveau projet soul. Evidemment, j’ai dit oui et Hannah Williams and the One Takes (ce qui était notre nom à l’origine) est né.
Les membres actuels se sont joints à nous au fur et à mesure que nous avancions. Plusieurs ont dû nous quitter pour s’investir dans d’autres superbes projets. Ca a été vraiment dur mais chaque fois, quelqu’un d’autre nous a rejoint. Il y avait alors une petite ré-invention qui est toujours rafraichissante. Les derniers arrivés parmi les Tastemakers, nous les avons rencontré en chemin, sur scène et via des amis communs. Nous sommes désormais une équipe bien réglée avec des musiciens de talent… C’est une telle joie de jouer avec eux !

Qu’attendez-vous des musiciens qui vous accompagnent ?

Des emmerdeurs… ! (rires) Non pas vraiment ! La seule chose dont je dois être capable est leur faire confiance pour qu’il me guident et me suivent à la fois, selon le titre que nous sommes en train de jouer. C’est vital d’être sur la même longueur d’onde, d’être connectés et de se soutenir les uns les autres. Sur scène et à 95% du temps, la communication se passe de mots, ce qui veut dire que nous devons nous reposer sur des codes musicaux, physiques ou gestuels. La base, c’est la télékinésie ! Parois, je m’engouffre dans quelque chose de totalement fou qui m’est passé par la tête, le reste du groupe n’a pas d’autre choix que de continuer à envoyer derrière moi… Désolée les amis !

Historiquement, la soul est intimement liée avec le jazz, quel lien le groupe entretient-il avec cette musique ? Y trouvez-vous une source d’inspiration ?

Ouais, je suis une énorme fan de jazz ! Je l’ai toujours été. Gershwin en particulier. Mon frère aussi est un féru de jazz (pianiste et tromboniste) depuis que nous sommes enfants. Il me jouait constamment des tas de choses. Tous les artistes que j’admire, respecte et qui m’inspirent sont notamment connus pour leur répertoire jazz et blues. Etta James, Nina Simone, Minnie Ripertone, Sarah Vaughan, etc.

Depuis que je suis enceinte je suis obsédée – suis-je la seule !? – par le piano jazz. Quel que soit le moment, quand je suis assise à mon bureau, je mets Spotify et déniche un nouvel album de piano jazz à écouter. Je suis accro !

Aussi, parmi les formations que je gère à Foundation Music, l’un est une chorale jazz, uniquement avec des voix féminines. C’est génial.

Vous êtes plutôt scène ou studio ?

Selon moi, tout se passe sur scène. Je suis principalement une artiste de live. J’aime être sur scène avec le groupe et avoir une foule de spectateurs autour de nous. Personnellement, je travaille et réinvente ma façon de chanter chaque fois que je suis derrière un micro. Comprenez-moi bien, si j’apprécie vraiment le travail que nous réalisons en studio, je dois systématiquement fermer les yeux et imaginer un public face à moi. Bizarre non !?

Nous travaillons vraiment dur pour parfaire ce que nous donnons en live ou en studio. Il y a beaucoup de choses à développer et accomplir mais l’essentiel vient du même procédé qui se résume à jouer devant un public bien présent, réel.

Evidemment, il y a des différences entre un enregistrement et un concert. Nous aimons que le public participe. Participation dont l’authenticité n’est pas facile à montrer sur un album studio (il va falloir attendre pour l’album live !). Malheureusement, nous n’avons ni la place ni les moyens financiers d’avoir avec nous la section de cordes ou les choeurs sur scène… Le live nécessite différents arrangements pour s’affranchir de ces musiciens. Parfois, nous avons assez de chance pour avoir tout le monde sur scène… c’est je suis au Nirvana ! J’avoue être accro aux harmonies donc être entourée par des cordes et un choeur, c’est ma définition de l’orgasme musical ! Soyez vigilants pour notre prochaine apparition sur scène au complet !

Vu de l’extérieur, le Royaume-Uni est très souvent associé à la pop-music et au rock. Cette image est-elle réelle ? Est-il plus difficile d’évoluer quand on joue une musique différente ?

Je ne saurais pas dire, les Tastemakers sont le seul groupe que j’ai vu grandir de l’intérieur… nous avons toujours été bien acceptés. La scène musicale au Royaume-Uni est en mouvement perpétuel. De nouveaux groupes et artistes solo émergent sans arrêt sur la scène musicale, c’est rafraichissant. La “vraie” pop ne m’intéresse pas vraiment, tout simplement parce qu’elle n’a jamais été source d’inspiration MAIS… j’ai un petit secret. Je suis un énorme fan de classic rock ! Mon mari aussi ! En particulier Thin Lizzy ! C’est un peu différent de la scène soul non !?

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Nous allons faire un break jusqu’à l’hiver 2013 parce que je vais avoir mon enfant mais nous reviendrons en 2014 avec pléthore de nouveautés ! Soyez vigilants, tout sera sur notre page facebook !

Thanks ! Keep on groovin’ !

Facebook : http://www.facebook.com/hwtastemakers?fref=ts

Formation : Hannah Williams, vocals ; Chloe Harvey, trumpet ; Sabrina De Mitri, sax ; Hillman Mondegreen, guitar ; James Graham, organ ; Dougie Taylor, bass ; Jimi Needles, drums.

Et pour illustrer le tout en musique, A Hill of Feathers, à écouter maintenant !

Hannah Williams & the Tastemakers – A Hill of Feathers by Le Digitalophone on Grooveshark