a0360430257_2Qui a dit que le jazz était une musique imperméable? Certainement pas Léo Tardin, qui avec ce quatrième album sous le nom de Grand Pianoramax sorti ce mois ci, nous prouve qu’il peut être à la base de collaborations et d’échanges avec d’autres univers musicaux.

Nous vous avions déjà parlé du pianiste prodige, vainqueur du concours international de piano du festival de jazz de Montreux, et de son projet Grand Pianoramax. Avec la sortie de Till There’s Nothing Left, on en profite pour remettre le couvert avec cet artiste qui n’a pas froid aux yeux. Car ici, le bidouilleur de son qu’est Léo Tardin, tout en gardant le jazz comme base, s’amuse avec ses deux acolytes (Domink Burkhalter aux drums et Black Cracker à la voix) à utiliser un spectre musical allant de l’électro au hip hop ou encore au spoken word. Tout est affaire de cuisine sonore. Les claviers de Grand Pianoramax sont incroyables et développent un univers musical profonds et intenses. Le projet pourrait faire penser dans son concept au Robert Glasper Experiment, mais dans son concept seulement. Car les 12 compositions de ce quatrième opus sont difficilement classables. Imaginez un groupe composé de Gil Scott Heron, Kraftwerk et Hampton Hawes et vous aurez peut être une idée de ce dont Grand Pianoramax est capable.

L’évolution par rapport à Smooth Danger, dernier album en date sorti en 2010, est notable. Les compositions sont moins sombres, l’orchestration plus simple voire plus acoustique, et le piano reprend une place centrale dans l’album. Après 10 ans à vivre à New York, Till There’s Nothing a été composé à Berlin qui selon le pianiste l’a beaucoup influencé. Rassurez vous, le travail des sonorités des claviers de Léo Tardin est bien présent et nous régale toujours autant. Il n’y a qu’à écouter Dub Delay ou le titre donnant son nom à l’album Till There’s Nothing Left pour s’en convaincre. Le travail de Roli Mosimann l’ingénieur du son aux manettes sur la galette est remarquable, et l’on sent l’influence de ses collaborations avec d’autres artistes tels que Björk. 

Un album à forte personnalité donc, que l’on vous recommande chaudement. Il est en effet toujours très intéressant d’observer les projets autorisant la réunion d’une grande variété de styles musicaux, d’autant plus quand c’est réalisé avec talent. Grand Pianoramax abolit avec Till There’s Nothing Left les frontières de genres pour notre plus grand plaisir : à écouter sans modération!