femi gros planToute l’équipe du Digitalophone prend la direction du Boulevard Voltaire en ce Lundi soir, et pas un de ses membres n’a dépensé un centime pour le privilège d’assister au show du pape de l’Afrobeat, et autant dire que nous somes donc dans de très bonnes dispositions. Pas d’invitation du Bataclan, on n’en est pas encore là, mais un bien beau cadeau.

Les portes s’ouvrent sans surprise légèrement en retard, on a juste le temps de s’attraper une bière qu’un jeune chanteur sénégalais arrive crânement sur scène, armé de sa seule guitare électrique. Il chante en wolof et son groove fait tout de suite son petit effet, il capte assez vite l’attention de la salle encore très parsemée. Une pédale de looping suffit à envoyer le nécessaire, on peut donc juste regretter l’absence de ses musiciens mais ça finit vraiment en beauté avec un morceau bien punchy, puis des remerciements sincères. La salle est prête pour Femi.

Ou du moins peut-on vraiment être prêt pour Femi? Car c’est bien une orgie sonore et musicale qui nous attend, l’afrobeat du fils de Fela déborde d’énergie et de passion. Sur scène un batteur, un percussioniste armé de baguettes, un corps de cuivres composé d’un saxo baryton, un saxo et une trompette, un guitariste, un bassiste, un clavier, 3 choristes/danseuses/bootyshakeuses et bien sûr Femi, qui chante, joue du clavier, de la trompette, du saxo et du saxo soprano, et qui est une véritable cocotte minute, plein d’activité, qui saute, communique avec le public et de ses mains ne cesse de donner le ton, jouant les chefs d’orchestre.

On alterne ainsi dans un même morceau moments de calme ou Femi partage des paroles de paix ou dénonce la politique de sa voix douce au timbre si particulier, et éruption volcanique de congas, cuivres, choeurs ou la salle ne peut s’empêcher de sauter ou hurler. A part un de ses classiques “Truth Don Die”, Femi joue des extraits de ses 2 précédents albums, “Day By Day” et “Africa for Africa” et bien sûr de son dernier album sorti cette année “No Place For My Dream”, avec notamment un “Politic Na Big Business” du feu de Dieu. 2 heures de concert pleines donc, et on pourra juste regretter l’absence de solos ou d’impros des musiciens, d’ailleurs même pas présenté par leur nom par Femi.

Il est quasiment 23h lorsqu’on retrouve la douceur de la rue, on a les oreilles qui saignent, mais surtout un sourire beat qui nous barre le visage. Il est temps d’aller dîner …