Esperanza Spalding – Radio Music Society

MI0003289012Jeune prodige de la contrebasse, Esperanza Spalding se distingue aussi bien en jazz qu’en blues, funk, hip-hop, pop fusion, ou encore avec les styles Brésilien et Afro-Cubain. J’en veux pour preuve Radio Music Society, son quatrième album en date sorti l’année dernière. À moins de trente ans, la jeune diplômée du prestigieux Berklee College a déjà joué avec les plus grands avant de lancer sa carrière solo : Joe Lovano (que l’on retrouve sur Radio Music Society), Patti Austin, Michel Camilo, Charlie Haden, Regina Carter,Pat Metheny, Dave Samuels et j’en passe.

Dans Radio Music Society, Esperanza Spalding montre une grosse ambition : une prod aux petits oignons (avec l’aide de Q-Tip), une écriture soigneuse entre néo soul et jazz-pop, et des guests bienvenus. La contrebassiste signe l’écriture de toutes les compos, les deux reprises mises à part bien sûr (I Can’t Help It de Michael Jackson écrit par Stevie Wonder et Endangered Species de Wayne Shorter). On retrouve sur l’album trois batteurs d’exception :  Terri Lyne Carrington, Jack DeJohnette, et Billy Hart; au saxophone Joe Lovano donc; et à la guitare Jef Lee Johnson et Lionel Loueke (sur Black Gold). La belle assure quasiment toutes les parties vocales, avec quelques invitées tout de même (et non des moindres) :  Lalah Hathaway et Algebra Blessett. On adore tout particulièrement la track Crowned & Kissed, avec sa basse à faire fondre la glasse (c’est de saison), les cuivres en contre-temps, le formidable piano de Leo Genovese et les percus de Carrington qui apportent un côté funk à l’ensemble du morceau. Sur la reprise I Can’t Help It, le saxophone de Lovano emmène la compo dans une autre dimension, où l’élégance et la classe sont les maîtres mots. À noter que la seule track où Esperanza ne joue pas de la basse amplifiée est le « bluesy pop » Hold on Me, où l’on retrouve également le jeu caractéristique de Billy Hart à base de cymbales.

Pas sûr que l’album plaira aux inconditionnels de jazz pur et dur, mais l’orientation pop/soul de la bassiste est agréable et assumé à 100%. Ajoutez à cela une brochette de très bons musiciens, et je suis sûr que vous trouverez un moment pour écouter avec attention ce bon album. À noter que la rumeur coure que Spalding pourrait apparaitre dans le prochain film de Clint Eastwood, après le désistement de Beyoncé.

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