500_3456515Premier album avec son big band, Electric Bath est assurément un album fondateur dans la discographie du trompettiste compositeur et arrangeur Don Ellis. C’est en effet dans cette configuration que le musicien s’est distingué, en tant que musicien mais surtout par ses arrangements et compositions hors des clichés inhérents aux grands ensembles. Durant près de dix ans, la période 1965-1975, son big band s’est démarqué par une instrumentalisation particulière (3 bassistes et 3 batteurs par exemple), ou par les expérimentations rythmiques de Don Ellis qui n’hésitait pas à composer en 7/8, 9/8 ou même 15/16.

Il faut dire que le trompettiste a eu une formation solide. Diplomé de la Boston University, Ellis joua dans les Big Bands de Ray McKinley, Charlie Barnet et Maynard Ferguson, enregistra avec Charles Mingus et joua aux côtés de George Russell. Ce n’est qu’après des expériences en tant que leader de trio ou de quartet pour divers labels qu’Ellis débute la direction de grands ensembles.

Très créatif, Don Ellis n’hésite pas à bousculer les codes musicaux établis afin de surprendre l’auditeur. Ainsi il n’est pas rare de rencontrer de “fausses fins” dans ses compositions (il n’y a qu’à écouter le morceau d’ouverture, Indian Lady,  de l’album qui nous intéresse ici), et on note déjà dans Electric Bath son goût pour les rythmes rock et l’expérimentation électronique. À la fin des années ’60s, il invente même une trompette à quatre pistons avec l’aide de la marque Holton. En 1971, son groupe se compose d’une section de 8 cuivres, de 4 bois, d’un ensemble de 4 cordes et de 2 percussions (par il suite il ajoute même un quartet vocal). Dans Electric Bath, on peut même entendre un clavier (tenu par Mike Lang).

On vous laisse donc en compagnie d’un Big Band atypique. Entre rock, free jazz, spiritual jazz, Electric Bath est un album surprenant et plein de surprises. Tendez l’oreille, vous ne serez pas déçus (on a personnellement un faible pour Turkish Bath).