Brownswood Records
Sortie le 8 juin 2015

La jeune Daymé Arocena, chanteuse cubaine, vient de signer sur le label du l’effervescent Gilles Peterson, Brownswood Records. Après la sortie en mars 2015 d’un EP dans le cadre du Havana Cultura Mix que nous n’avions malheureusement pas eu le temps de chroniquer, elle sort le 8 juin prochain un premier album sous son nom.

Daymé Arocena est incarne tout à fait la culture cubaine, elle en connait les codes, les traditions mais ne s’y limite pas. Nueva Era, dont le nom évocateur ne cache pas ses prétentions, nous démontre que toute musique peut s’accorder au diapason des esthétiques actuelles sans perdre une miette de son authenticité, ici puisée dans les rythmes traditionnels et la chaleur vocale de la chanteuse.

Daymé Arocena s’est d’abord illustrée dans le cadre du projet Havana Cultura soutenu par Gilles Peterson. A contrario de celui de Ry Cooder Buena Vista Social Club, il ne s’agit plus de dépoussiérer la musique cubaine pour la faire (re)découvrir aux étrangers de l’île. Plus de quinze ans ce sont écoulés depuis, il est temps de donner la parole à des artistes actuels. Daymé Arocena agit donc en tête de file avec cet album partagé entre morceaux dansants aux accents soul (Don’t Unplug My Body), ballades (Come To Me, Dust), ou pièces traditionnelles (Madres qui ouvre l’album est chanté en yoruba, dialecte parlé par les esclaves de l’île, El Ruso ne cache pas son intention de faire danser !).Par ailleurs, des arrangements et de la prise de son se dégage une belle ambiance : proximité des musiciens, sensualité exacerbée. On se croirait en club (ou presque) !

Pari réussi pour cet avec album sur lequel on ne pourrait ni mettre l’étiquette “musique cubaine” telle qu’on l’entend jusqu’à présent, ni aucune autre ! Nouvelle ère pour la musique cubaine et ses représentants contemporains.