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L’ex bassiste de Miles, l’un des architectes du style fusion que l’on peut entendre notamment sur des albums pionniers tels que Bitches Brew ou Silent Way, revient avec un superbe album et un nouveau quartet. Forcément il est passé par nos oreilles, et elles ont été séduites!

Voici donc Prism, le nouveau projet du bassiste qui prolonge d’un peu plus d’une heure une œuvre discographique déjà incroyable. Et c’est entouré de musiciens de premier plan que Dave Holland entend poursuivre son œuvre. Signant tous au moins une composition, Craig Taborn (claviers), Kevin Eubanks (guitare) et Eric Harland (drums) font donc plus que suivre un leader aussi charismatique soit-il, mais permettent une véritable écriture à huit mains de l’album. Quand on voit le line up, on se rend compte que le quartet est des plus cohérants : tous ces musiciens ont la réputation d’être des chimistes musicaux, mélangeant les styles et n’ayant pas peur de s’aventurer loin des sentiers battus. On retrouve d’ailleurs dans Prism un mélange de jazz fusion aux racines funk que Holland a déjà pu explorer. Sorti sur Dare2 Records, Prism est le quatrième album a être produit sur le propre label du bassiste. Il fait suite à d’autres disques à la croisé des genres comme Hands en 2010 inspiré du flamenco. Mais aucuns n’avaient encore explorer le jazz fusion pourtant genre de prédilection de Holland.

Prism commence très fort, avec une composition de Kevin Eubanks : The Watcher, où la basse hyper entêtante souligne un riff de guitare sonnant comme un véritable manifeste du jazz fusion. Relativement proche, et peut être notre gros coup de cœur de l’album, Choir composé par Eric Harland ressemble à un véritable hommage au Weather Report de Joe Zawinul. Un brûlot jazz-rock. Peut être un peu moins caricaturaux, des titres comme le très bluesy The Empty Chair ou Spirals développe des ambiances plus raffinés, plus retenues aussi. On y trouve des textures remarquables et des mélodies se développant autour de solos bien sentis. Le jazz modal n’est pas loin. Et pour finir de vous convaincre de la richesse de Prism, il suffira d’écouter des titres comme The Color Of Iris de Eubanks et Breathe de Harland où la musique y est plus introspective et sensible.

Pour les amoureux de Bitches Brew ou tout autre album de la période électrique de Miles pendant laquelle officiait Dave Holland, Prism sera un régal. Avec ses claviers et ses guitares fuzz, les fans seront en terrain connu. Mais les autres y trouveront aussi certainement leur bonheur avec des titres plus épurés. Le quartet est en tout cas formidable et cohérent, avec quatre musiciens regardant dans la même direction. La basse est évidemment le socle sur lequel les compositions se développent et Dave Holland prend plusieurs solos qui raviront les oreilles attentives. Prism est donc un vrai coup de cœur, à mettre dans toute les bonnes platines! Pour les parisiens, sachez que le groupe sera le 4 février à la salle Pleyel!