Chilly Gonzales – Live @ la Salle Pleyel

Close Up Gonzales before show at Cine 13, Paris, FRANCE - 10/05/09C’est avec un immense plaisir, ainsi qu’une grande curiosité, que nous avons vu l’artiste protéiforme et entertainer Chilly Gonzales dans le cadre du festival Days Off à Pleyel vendredi dernier. Et le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’avons pas été déçus. Retour sur une soirée riche en émotions.

La première partie était assurée par la chanteuse/harpiste Londonienne Serafina Steer. Déjà présente lors du festival Les Femmes S’en Mêlent en 2011, la protégée de Jarvis Cocker a proposé un mélange intéressant et inattendu de chanson accompagnée à la harpe. Une sorte de folkeuse en somme, où la guitare serait remplacée par l’imposant instrument à cordes. C’est donc tout en douceur que le public s’est préparé au début du concert tant attendu de Chilly Gonzales.

C’est vêtu de ses inséparables peignoir et charentaises que le pianiste débarque sur scène. On commence à avoir l’habitude, mais l’effet est garanti lorsque l’on pense aux concerts se déroulant d’habitude à Pleyel. Le doute plane : connaissant le bonhomme on ne peut savoir à quoi s’attendre. On connaît bien sûr son dernier album : Solo Piano II, que l’on adore, mais quand l’intitulé du concert indique qu’il est accompagné d’un orchestre de chambre (qui convient parfaitement au peignoir pour le coup), on se dit qu’il y a un « piège ». Il salut la salle et s’installe sans plus attendre à son Steinway pour régaler l’audience de quelques titres de ce Solo Piano II, dont l’inoubliable morceau White Keys où il ne joue que sur les touches blanches. Mais rester sur cet album relativement calme aurait été trop attendu pour un concert de cette envergure. Lorsque débarque le Kaiser Quartet pour l’accompagner, le pianiste s’offre une folie : faire du rap à Pleyel. Génial! On pense alors forcément à sa carrière qui, c’est le moins que l’on puisse dire, est loin d’être banale : membre des Puppetmastaz, il est connu aussi bien pour son hip hop humoristique que pour être comparé au grand Erik Satie avec ses albums en piano solo, détenteur du concert le plus long (plus de 27h sur scène) et auteurs de nombreuses collaborations avec une multitude d’artistes sans distinctions de genre (Jane Birkin, Feist, The Peaches ou encore le duo Daft Punk). Il interprète alors avec le Quartet puis avec les 10 membres de l’orchestre au complet plusieurs titre de son album hip hop The Unspeakable Chilly Gonzales : un régal! S’enchaînent ensuite plusieurs titres issus de son Solo Piano II, des blagues bien sentis, une leçon de piano inoubliable, le célèbre Never Stop choisit par Apple pour sa pub (joué logiquement avec l’aide d’un ipad), ainsi que quelques titres inédits joués avec l’orchestre ou le quartet. Impressionnant. La soirée est bien remplie, et après deux rappels Chilly Gonzales finit par quitter son piano comme à regret.

Quel bonheur! Quel bonheur de voir un artiste à l’univers si marqué, si personnel, qui n’hésite pas à mélanger pop, jazz et hip hop, le tout à Pleyel. Quel bonheur de voir un artiste entier tout simplement. Chilly Gonzales nous a prouvé vendredi soir, s’il en était toutefois encore nécessaire, qu’il était un pianiste d’exception à l’aise aussi bien techniquement sur son clavier qu’en entertainer de génie. Et comme c’est agréable d’abolir les frontières entre les genres musicaux! Bref, un concert entier que nous ne somme pas prêts d’oublier! Pour essayer de vous faire revivre la soirée, on vous a concocté une playlist des titres joués ce vendredi. Nous vous avons même trouvé une vidéo de la fameuse « leçon de piano » donnée à un spectateur!

 

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *