500x500-000000-80-0-0Voici le retour d’une légende sur le label non moins légendaire Blue Note : celle du saxophoniste Charles Lloyd. Après plus de 30 ans d’absence dans la maison à la note bleue, Lloyd revient avec une œuvre en 6 pièces commanditée par le festival polonais Jazztopad. Enregistré live en 2013, Wild Man Dance marque donc le retour du souffleur septuagénaire toujours maître d’un jazz avant gardiste et clairement spiritual.

Charles Lloyd n’a pas chômé ces 10 dernières années avec pas moins de 5 albums sortis, que se soit sur ECM (Mirror, Athens Concert et Hagar’s Song) ou Resonance (Manhattan Stories). A 77 ans cette année, c’est impressionnant. L’attente aura été longue pour les fans de A Night In Copenhagen (1985), son dernier album Blue Note dans lequel sa relation avec le pianiste Michel Petrucciani était à son apogée. L’annonce de Wild Man Dance aura donc fait tourner quelques têtes, tout comme ces six nouveaux morceaux une fois le disque en main et l’oreille attentive. On reconnait immédiatement l’univers du saxophoniste : une musique trouble et contrastée avec un saxophone qui trace sa voix dans des compositions riches.

Accompagnée d’un cast international : le pianiste Gerlad Clayton, le bassiste Joe Sanders, le batteur Eric Harland, le joueur de lyre grecque Sokratis Sinopoulos et le joueur de cymbalum Miklos Lukacs, la musique de Charles Lloyd ne s’est pas assagie. L’album s’ouvre sur Flying Over The Odra Valley, plein de mystères avec son atmosphère folk installée par le cymbalum et la lyre avant d’être rejoins par l’ensemble des musiciens. Ce premier morceau donne le ton avec le saxophone de Lloyd tout en contraste de texture, qui superpose une ligne mélodique jazz avant gardiste à un background musical mouvant et parfois abstrait. L’effet est saisissant.Wild Man Dance est riche et varié, à l’image d’un River d’abord post-bop pour finir free jazz. Le titre éponyme qui ferme la marche est également remarquable par son exploration libre des couleurs, des timbres et des textures, avec en prime un solo magnifique de Sinopoulos.

Wild Man Dance à tout d’un démonstration. Charles Lloyd y déploie son style à la fois totalement maîtrisé tout en s’autorisant une part d’exploration importante. Très spiritual jazz dans l’esprit, l’album prend un côté mystique avec les parties de lyre et de cymbalum. Les idées fusent et les soli s’enchaînent dans un album live envoutant!