Billy Brooks – Windows of the Mind (1974)

Billy BrooksDe son vrai nom Julius E. Brooks, Billy Brooks est avant tout un musicien de Jazz, mais « Windows of the Mind », son seul et unique album dont nous allons parler maintenant, tend joliment vers le funk, et s’est imposé avec le temps comme l’un des grands classiques Jazz Funk du début des années 70.

Naître à Mobile, Alabama, en 1926, n’est pas vraiment un départ idéal dans la vie pour un noir dans l’Amérique ségrégée du sud des Etats-Unis, mais Billy et sa mère déménagent bien vite dans le quartier de West End à Cincinnati, Ohio, et il peut compter sur les sacrifices et l’éducation de celle-ci pour déjouer l’apparente implacabilité de son destin. Il rentre ainsi à l’Université de Wilberforce, dont il sort diplômé, et son grand talent pour la musique lui ouvre bientôt les portes de l’une des écoles de musique les plus prestigieuses du monde, la fameuse Julliard School à New York. Il y peaufine son jeu de trompettiste et y apprend les bases qui lui permettront plus tard d’inventer et construire son propre instrument, la « skoonum horn », une trompette à 2 coups.

Il rentre à Cincinnati où il forme son propre Big Band, le Billy Brooks Bebop Band, et y reste jusqu’au décès de sa mère. Dès lors il part tenter sa chance à Los Angeles, où il va jouer avec les plus grands : Il tourne avec Tina Turner pendant un an, apparaît en studio sur des albums des Four Tops et des Temptations, joue dans les orchestres de Ray Charles, Thad Jones et Dizzy Gillespie, et tourne pendant 18 ans comme trompettiste dans le groupe de Lionel Hampton. Un CV en béton armé, avec surcouche ciment.

C’est durant sa période Ray Charles qu’il enregistre sur Crossover Records son seul et unique album solo, cette petite merveille qu’est donc « Windows of the Mind ». On y retrouve son morceau le plus célèbre, « 40 days », qui clot l’album, un jam merveilleusement funky avec des rythmiques déchiquetées, qui ne demandait qu’à être samplé, ce qui fut superbement fait par A Tribe Called Quest dans « Luck of Lucien ». On apprécie aussi le brio de Billy dans les thèmes de trompette et un solo qui donne des frissons, bref le titre est un vrai petit bijou.

On ne peut cependant pas réduire l’album à son morceau phare, car ce serait manquer de respect aux autres pépites qui le composent. Sur tous les titres le Big band s’en donne à coeur joie, et le jeu accoustique est enrichi par des effets electroniques comme l’Echoplex, qui lui donne une tonalité indéniablement moderne. « Rocking Julius » tend vers le funk, tandis que la face B avec « Black Flag », « Good News Blues », « Shetter Cheeze » et « CP Time » devrait ravir les amateurs de Jazz. Le reste de la face A est lui visuel à souhait et ne demande qu’à servir de bande orginale, « Cooling It » et « The Speech Maker » les 2 merveilles du lot.

Parions que des producteurs de hip hop reviendront tôt ou tard se servir dans cet album foisonnant pour utiliser une boucle, un break ou un thème de cuivre, car « Windows of the Mind » a définitivement tout de l’usine à samples.

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