avishai-cohenfrom darknessContre bassiste unique et compositeur / chanteur hors pair, Avishai Cohen revient avec son trio dans l’album From Darkness. C’est d’ailleurs en trio, formation dans laquelle il excelle, qu’il s’était fait connaître internationalement au côté de Shai Maestro et Mark Guiliana. Bien avant cela, il avait débuté dans le sextet de Chick Corea entre 1996 et 2003. From Darkness est le deuxième album en trio ( ici Nitai Hershkovits au piano avec lequel il avait enregistré son précédent album Duende et Daniel Dor à la batterie), et c’est un joli coup de cœur.

En 10 compositions originales et une magnifique reprise du classique Smile de Charlie Chaplin qui clôture l’album, Avishai Cohen comble les amateur de trio et prouve une fois de plus son éclectisme. Car il n’est plus question dans From Darkness de parties chantées ou d’orchestre à cordes comme sur Almah, ici c’est toute l’efficacité de sa formation de prédilection qui prime. Le piano occupe bien évidemment une place de choix, mais le jeu de contre basse d’Avishai Cohen et la batterie de Daniel Dor font bien plus que d’assurer la rythmique du groupe.

“… My discography has only one trio album (Gently Disturbed, 2008) which doesn’t really reflect the fact that my music has always been written for – and executed by – Trio” Avishai Cohen sur JazzCorner News.

Le disque s’ouvre sur Beyond, un titre plein d’énergie qui ouvre l’album et qui s’avère à peine plus court que le reste des compositions. Car le trio ne s’attarde pas sur les morceaux, les thèmes s’enchainent rapidement et c’est peut être là le seul reproche que l’on pourrait faire à From Darkness. Beaucoup d’idées émergent en peu de temps et sur lesquelles le trio passe relativement vite. C’est parfois frustrant car on aimerait entendre quelques développements, en revanche cela oblige l’auditeur à être attentif et évite la lassitude. A la fin des 11 titres, on a eu la sensation que From Darkness a filé à une vitesse folle. On ne s’ennuie pas une seconde et on passe du groove de C#- à la méditation de Halelyah (Hallelujah en hébreu) ou par les influences afro de Abie et la mélancolie de Smile.

D’une efficacité redoutable, From Darkness se dévore sans modération. Les plus gourmands auront peut être les oreilles qui resteront sur leur faim, mais les 11 compositions sont d’une telle maîtrise que nous ne saurions pinailler. Voici donc un très bel album, sensible et varié, qui comblera les amoureux de trio jazz et les autres.