Andy Bey, le baryton à la voix d’or.

Andy Bey est un de ces musiciens restés trop injustement dans l’ombre. Boudé par les puristes et trop spirituel pour le grand public, on ne retient que la voix accompagnant Horace Sylver ou Gary Bartz. Pourtant, quelque part entre Nat King Cole et Gill Scott Heron, la voix de baryton du natif du New Jersey a sa place au panthéon du jazz vocal.

La voix riche et puissante d’Andy Bey sévit très tôt : il chante dès l’âge de 8 ans devant son entourage, parfois accompagné du saxophoniste Hank Mobley, excusez du peu. À 13 ans il enregistre son premier album solo : Mama’s Little Boy’s Got The Blues et enchaine à 17 ans en formant avec ses deux sœurs Salome et Geraldine le groupe Andy & The Bey Sisters. Le groupe familial a même fait une tournée de 16 mois en Europe et enregistré 3 albums entre 1961 et 1965.

Entre les années 60 et 70, Andy Bey accompagna de grands noms, comme Max Roach, Gary Bartz et bien sûr Horace Silver. C’est avec ce dernier que le style de Bey se précise, dans un registre spirituel qu’il appellera « metaphysical self-help music ». Les albums ont alors des thèmes religieux qui auront du mal à toucher un large public. La collaboration avec le pianiste se poursuivit tout de même jusqu’en 1993 et l’album It’s Got to Be Funky. Quelques albums solos parsèment la carrière d’Andy Bey comme Ballads, Blues & Bey en 1996 ou le magnifique Shades Of Bey de 1998. Mais il faut revenir 20 ans en arrière pour trouver la véritable perle du chanteur.


Experience and Judgement
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S’il ne fallait qu’une preuve du talent d’Andy Bey, Experience and Judgement montrera la lumière aux plus sceptiques. Dans cet album solo de 1974 le style du chanteur rayonne : sa voix posée, lente et feutrée transforme chaque note en pure émotion. On adore bien évidemment Celestial Blues, véritable joyaux de l’album. Mais Tune Up, Judgment ou Hibiscus n’ont pas à rougir de la comparaison. Et sur Being Uptight, on ne peut que constater qu’Andy Bey était capable de tenir la dragée haute à Roy Ayers ou Gill Scott Heron dans un registre plus jazz-funk. On comprend pourquoi il était une des voix préférée de John Coltrane, moins comment il a pu être autant oublié.

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