Alma Faye – Doin’ It (1979)

alma faye brooks -blogPlongée aujourd’hui dans un monde soyeux, luxuriant, festif, parfois dégoulinant : le Disco. Souvent décrié, il a pourtant, comme tous les courants musicaux, donné naissance à autant de petites merveilles que d’attentats sonores. Son incroyable succès commercial a entraîné une production massive, en chaîne, qui en a baissé la qualité moyenne, jusqu’à créer un ras-le-bol général et des excès tels que la campagne « Disco Sucks » ou la « Disco Demolition Night » en 1979, le prélude invraisemblable d’un match de baseball où des milliers de vinyls sont brûlés dans l’extase générale.

On retrouve sans aucun doute dans « Doin’ it » certains excès, des arrangements luxuriants, parfois gratuits, et des morceaux sucrés et écoeurants comme un gros gâteau américain avec glaçage triple épaisseur et crème au beurre, mais on y retrouve aussi ce que le disco a de meilleur: capacité à faire danser, basses rondes, voix de diva qui transmet une énergie folle, et à l’arrivée la moitié de l’album est excellente, dont une merveille.

Alma Faye Brooks est une chanteuse canadienne qui a connu une carrière de seconde, voir de troisième zone, et très courte puisque « Doin’ It » est son unique album, mais sa voix aurait sans aucun doute mérité mieux. Sa carrière démarre en 1977 avec un single sur RCA, « I don’t need no Sympathy », une reprise de Lyn Roman qui rencontre un léger succès dans le circuit des clubs aux Etats-Unis. Elle tourne ensuite durant 1 an dans la troupe de la comédie musicale Hair au Canada, avant de s’atteler avec ses producteurs Dominic Sciscente et Michel Daigle à l’enregistrement de l’album qui nous intéresse. Arrangé par le Jazzman Lee Gagnon, celui-ci sort au Canada début 1979 sur RCA Victor (vinyl beige assez cher si vous tombez dessus) et reçoit un excellent accueil des clubs, la « major » disco Casablanca Records décide alors de le sortir aux Etats-Unis et Alma Faye Brooks devient Alma Faye pour l’occasion.

La face A s’ouvre avec un titre de pur Disco, « Don’t Fall in Love », qui en écoeurera certains mais sur lequel il est quand même bien difficile de rester le cul posé sur une chaise. Le beat est rapide, la basse est au galop, et on découvre en Alma Faye une vocaliste pleine de talent. Les mêmes ingrédients sont utilisés sur le titre suivant, « Gimme Your Love », mais là il y en a tout simplement trop, les violons de synthé dégoulinent, bref ce n’est pas terrible, mais je pourrais quand même parier un bras que ça marche sur un dancefloor. « Here’s to Life », plus lent, conclue joyeusement la face A. Le meilleur est encore à venir.

« I believed » est un jam disco entêtant où la voix d’Alma fonctionne à merveille, alternant puissance et douceur. Arrive enfin le demi-classique « It’s Over », dont la basse ressemble à celle de « Victim » de Candi Staton, et qui est ce qui peut se faire de mieux dans le Disco. Des paroles simples mais entêtantes, une basse lancinante, un thème de cordes mélancolique, et toujours cette voix superbe que l’on suivrait jusqu’au bout de la nuit. « It’s Over » fut un tube en club et atteint la 60e place des charts Pop, mais il restera tristement son plus gros succès. Ce morceau est une vraie machine à émotions, j’espère que ça marchera sur vous comme ça marche sur moi. L’album cloture sur les 2 moins bons morceaux, le plus gospel « Brother Dan » et le terrible « Thank You », qui peut effectivement donner envie de brûler des disques.

Dans l’ensemble « Doin It' » n’est donc pas un disque exceptionnel, mais un solide album qui contient une petite pépite oubliée et quelques morceaux qui fonctionneront tout dancefloor. Bonne écoute!

Alma Faye – Doin it by Le Digitalophone on Grooveshark

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