Sortie le 24 février
Allan Harris [v, acg], Pascal Le Boeuf [p, org, kbds], Leon Boykins [b], Jake Golbas [dms], Yotam Silberstein [elg], Samuel Torres [per]

Must Have Jazz / Membran

coup-de-cœur

Paraissait il y a quelques jours seulement le dernier album du chanteur et guitariste de jazz New-yorkais Allan Harris. Intitulé de façon très représentative de l’atmosphère qui s’en dégage, Black Bar Jukebox est comme la porte ouverte d’un club de jazz sombre et embrumé dans le coeur d’un Harlem du milieu du XXe siècle.

Une voix satinée, ronde et chaude, voilà de quoi il s’agit. Allan Harris a le charisme musical de ces grands chanteurs de jazz comme un Tony Benett, un Frank Sinatra ou un Nat King Cole de qui il a souvent été rapproché. A l’inverse de beaucoup de chanteurs jazz de sa génération, Le crooneur entremêle avec brio l’authenticité du jazz vocal et la fraicheur des productions actuelles.

Fier et reconnaissant de tout ce que sa jeunesse à Harlem lui a apporté (notamment cette effervescence musicale multiculturelle racontée par tous les grands), l’album est conçu comme l’usage que l’auditeur ferait d’un jukebox, créant une playlist originale en panachant ses titres favoris à laquelle Allan Harris le compositeur ajoute plusieurs de ces créations. Les compositions pop de John Mayer ou Elton John côtoient entre autres les énormes standards que sont You Make Me Feel So Young ou My Funny Valentine.

Élégance et volupté, deux qualificatifs qui m’auraient suffit à décrire l’album. De la première la dernière piste, la section rythmique s’entretient dans une stabilité sans faille, qu’il s’agisse de driver (Take Me To The Pilot) ou de d’accompagner (Miami). Quant aux claviers, ils donnent le ton de chaque morceau. Parfois fondus dans la section rythmique comme sur I’ve Got The Blues ou alors mis au premier comme sur My Funny Valentine où l’Hammond B-3 répond à la voix avec une rage contenue et fait de ces presque 6 minutes une interprétation inédite du standard. Les chorus de guitare souvent joués en single notes viennent compléter l’intimité qui se dégage de l’ensemble.