ahmadNous sommes fin septembre et ça y est, le temps des festivals est terminé. Même Jazz à la Villette vient de fermer ses portes. Mais pas de panique, on a pensé à vous et on se parle aujourd’hui du Live In Marciac 2014 de la légende vivante Ahmad Jamal. Après l’excellent Saturday Morning, on était plutôt impatient de poser l’oreille dessus!

Accompagné de Manolo Badrena à la batterie et de Reginald Veal à la basse, Ahmad Jamal nous gratifie une fois de plus de son lyrisme et de son touché si doux, soutenu par une section rythmique tout terrain. Mais cela n’empêche pas les surprises, comme cette version très exotique de Sunday Afternoon qui ouvre l’album, dans laquelle Reginald Veal montre tout son talent. Le concert démontre que le pianiste octogénaire a toujours la main sûre et le phrasé de son Ahmad’s Blues (1959). Il n’y a qu’à écouter The Gypsy pour s’en convaincre.

Ce Live In Marciac a aussi été l’occasion pour Ahmad Jamal de rendre hommage à son vieil ami Horace Silver disparu quelques semaines avant l’enregistrement (18 juin 2014). On découvre donc en milieu d’album une magnifique reprise de Strollin’ tout d’abord, suivi du morceau Silver. Loin de tomber dans ses clichés, le pianiste use et abuse moins de ses silences si caractéristiques, au profit de plus d’émotions que dans ses derniers albums studios. L’énergie et le rythme de son jeu, que Miles Davis admirait tant, sont en revanche intactes. Le groupe joue ainsi tout en contraste, silence et rythme, lyrisme et contrepoint, groove et emphase dans une maîtrise et une cohésion totale. Un magnifique album donc que ce Live in Marciac, qui prolonge de la plus belle des manières le temps béni des festivals.